Société
Blocus, manifs et rentrée agitée dans les lycées et les facs
Les organisations lycéennes et étudiantes ne comptent pas ranger les banderoles après les vacances. Malgré les annonces du gouvernement, elles appellent à…

Les organisations lycéennes et étudiantes ne comptent pas ranger les banderoles après les vacances. Malgré les annonces du gouvernement, elles appellent à bloquer les établissements dès lundi et à faire du mardi une journée noire dans les universités.
Ce lundi, les cours reprennent. Mais pas question, pour les organisations de jeunesse, de laisser retomber la mobilisation entamée à la mi-septembre. Six semaines après le début du mouvement, elles appellent à bloquer les lycées et les facultés dès le jour de la rentrée. Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens!, l’a annoncé sans détour, en promettant des établissements bloqués dès lundi. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent, elles, à de nouveaux blocages mardi et jeudi. Du côté de l’Unef, le mot d’ordre est de s’organiser dans toutes les universités ce lundi, avec l’ambition de transformer le mardi en journée noire à travers le pays.
Le gouvernement avait pourtant tenté de calmer le jeu la semaine dernière. Les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont déroulé une série de mesures. Au programme, le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, l’annulation des suppressions de postes prévues dans l’Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15.000 places de plus dans l’enseignement supérieur. Le Premier ministre a aussi demandé que les 200 lycées les plus en difficulté, recensés sur la plateforme de concertation, obtiennent une réponse. Pour les organisations de jeunesse, c’est un premier pas. Un premier pas seulement.
Loin de décourager les troupes, ces annonces ont même regonflé certains militants. Marius Mesnil, co-secrétaire général de l’USL, y voit de vraies avancées, imparfaites mais réelles, et la preuve que la mobilisation paie. Il dit s’attendre à beaucoup de blocus. Même son de cloche chez Coppélia Moreau, membre d’Interfac Île-de-France, qui rassemble des étudiants issus d’assemblées générales d’universités. La colère reste intacte, assure-t-elle, et aucun essoufflement ne se profile. Le collectif a prévu une nouvelle manifestation parisienne mardi, entre le Panthéon et le siège du Medef.
Sur le terrain, la lassitude guette pourtant. Mélia, en première au lycée Rostand de Dreux, reconnaît que plusieurs camarades décrochent, faute de réponses et avec le bac en ligne de mire. Elle estime avoir déjà manqué 26 heures de cours. Pas de quoi renoncer, jure-t-elle, bien décidée à retourner manifester. Maxime, en terminale dans l’Essonne, tient le même cap. Tant que rien ne sera mis en place, la mobilisation ne s’arrêtera pas, prévient-il. Son lycée n’est pas le plus mal loti, mais il refuse de lâcher pour les autres.
Les chefs d’établissement, eux, abordent la reprise avec inquiétude. Personne ne sait vraiment à quoi s’attendre, résume Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d’établissement ID-FO. La profession a fini les semaines précédentes sur les rotules, confirme Carole Zerbib, proviseure du lycée Vauquelin à Paris et membre de l’exécutif du SNPDEN-Unsa. Sa crainte principale, des affrontements devant les grilles entre ceux qui veulent bloquer et ceux qui veulent entrer en cours. Dès lundi, la police renforce ses effectifs pour sécuriser les établissements et accompagner la communauté éducative, après les violences des précédentes mobilisations. Côté exécutif, on considère que le temps du retour en classe est venu, tout en admettant qu’un mouvement de ce type ne s’arrête jamais de façon parfaitement nette.
Les revendications, elles, n’ont pas bougé. L’intersyndicale qui réunit l’USL, l’Unef, la Fage et l’Union étudiante réclame notamment 10 milliards d’euros d’investissement dans l’éducation et l’enseignement supérieur, ainsi que l’abrogation pure et simple de Parcoursup. Marius Mesnil le formule sans détour. Si le gouvernement annonce que les revendications seront écoutées, les cours reprennent.
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