Europe
Fausses alertes nucléaires et piratages, la guerre se joue aussi dans les téléphones
L’application qui prévient les Ukrainiens des frappes aériennes russes a été détournée, quelques heures avant que son équivalent russe ne subisse une…

L’application qui prévient les Ukrainiens des frappes aériennes russes a été détournée, quelques heures avant que son équivalent russe ne subisse une cyberattaque massive. Des messages évoquant des menaces nucléaires et chimiques ont semé la confusion, au moment même où un cessez-le-feu de six jours s’achevait sur le front.
L’armée de l’air ukrainienne a annoncé dans la nuit que l’application officielle utilisée dans tout le pays pour être averti en temps réel des menaces de frappes aériennes russes avait été piratée. Un outil du quotidien, décliné par région, par district et par localité, que des millions d’habitants consultent au moindre signal. Quelques heures plus tard, c’est côté russe que la même mésaventure était rapportée.
Le ministère russe des Situations d’urgence a indiqué que son application mobile, celle qui alerte la population lors des attaques de drones ukrainiens et d’autres dangers, avait été visée par une « cyberattaque massive ». Ses auteurs ont pu « diffuser de fausses informations auprès de la population », précise le ministère sur Telegram, ajoutant que des travaux étaient en cours pour « corriger la vulnérabilité de l’application mobile et rétablir son fonctionnement normal ». Moscou n’a pas désigné de responsable dans l’immédiat.
Kiev, en revanche, a directement mis en cause la Russie. Le Centre ukrainien pour les communications stratégiques (Spravdi) l’affirme dans une publication sur la plateforme X, accompagnée d’une capture d’écran des messages frauduleux. « Cela se voit à l’apparition de plusieurs alertes inhabituelles. De plus, un message en russe mentionne Orechnik », un missile russe, détaille le centre. Les fausses notifications affichées évoquent notamment une menace de radiations nucléaires et des menaces chimiques. De quoi provoquer la panique dans un pays où chaque sirène compte.
Ces piratages tombent au pire moment. Une trêve de six jours a expiré dimanche soir à Olechky, ville de la ligne de front dans la région de Kherson, aux accès minés, sous le feu croisé des drones russes et ukrainiens, et frappée depuis des mois par de graves pénuries. Cette pause a permis d’évacuer des habitants. Il s’agit du cessez-le-feu le plus long depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022, et ni Kiev ni Moscou n’ont signalé de violation, contrairement à d’autres accalmies partielles, notamment à Pâques orthodoxe. Négociée par la première dame américaine Melania Trump, elle constitue une « étape importante dans nos efforts humanitaires conjoints » avec la Russie, selon le commissaire du Parlement ukrainien aux droits de l’homme Dmytro Lubinets.
La suite se joue aussi autour de la table. Des pourparlers sous médiation américaine entre la Russie et l’Ukraine doivent reprendre ce mois-ci, après avoir été de facto gelés depuis les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran fin février. Dimanche, Volodymyr Zelensky a affirmé que son pays cesserait de frapper les raffineries de pétrole russes, comme le lui demande Donald Trump, si Washington fournissait à Kiev des missiles intercepteurs Patriot. L’armée ukrainienne vise aujourd’hui presque chaque semaine raffineries, oléoducs et dépôts pétroliers en Russie, pour priver Moscou des revenus de la vente d’hydrocarbures qui financent son effort de guerre.
Sur le terrain, Oleksandre Prokoudine, chef de l’administration militaire de la région de Kherson, a exhorté les habitants à « être particulièrement vigilants » et à « répondre immédiatement aux avertissements d’attaques russes » après l’expiration du cessez-le-feu. Une heure avant la fin de la trêve, le ministère russe de la Défense écrivait sur Telegram « On ne ménage pas les munitions, ni l’ennemi. La nuit sera chaude, on est au travail ». Les deux pays ont d’ailleurs poursuivi leurs frappes en dehors de la zone du cessez-le-feu. Des bombardements russes dimanche ont fait trois morts, dont une adolescente de 13 ans, dans les régions de Vinnytsia, au centre, et de Soumy, dans le nord, selon les autorités ukrainiennes.
À lire aussi

PolitiqueEn Ligne 5 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
MondeEn Ligne 4 joursHaïti, 2 000 soldats salvadoriens débarquent et brouillent la carte sécuritaire
MondeEn Ligne 6 joursMbappé perd deux partenariats chinois après une vidéo sur Mao
PolitiqueEn Ligne 7 joursMélenchon ne veut aucun pardon après l’attentat des Yvelines
PolitiqueEn Ligne 4 joursLes maires de France perdent patience avec la double casquette de David Lisnard
SociétéEn Ligne 7 joursLa jeunesse obtient des pistes mais garde la pression
MondeEn Ligne 6 joursMbappé rattrapé en Chine par une vidéo sur Mao
PolitiqueEn Ligne 7 joursLe Sénat veut faire payer les casseurs avec leurs aides sociales
















