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Dernier meeting pour Trump, dernière chance pour les démocrates

À la veille de mi-mandat à haut risque, le président américain s’adresse une dernière fois aux électeurs depuis Washington tandis que son camp redoute de…

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Dernier meeting pour Trump, dernière chance pour les démocrates

À la veille de mi-mandat à haut risque, le président américain s’adresse une dernière fois aux électeurs depuis Washington tandis que son camp redoute de perdre la Chambre. Les démocrates, eux, veulent croire à une vague qui irait jusqu’au Sénat.

Un dernier meeting, et puis les urnes. Lundi, Donald Trump prend la parole à Washington, au bord du bassin du Lincoln Memorial, pour refermer une campagne de mi-mandat qu’il a lui-même transformée en test sur sa personne. Le lieu n’a rien d’anodin. Ce bassin est devenu le symbole de sa volonté, très contestée, de remodeler la capitale fédérale.

La veille, il a lancé à ses partisans un « Nous allons gagner » sans la moindre nuance. Depuis des mois, le président américain répète que le scrutin pourrait être truqué et a évoqué l’idée de contester les résultats. Une position qui pèse sur le vote de mardi, dont l’issue fixera la marge de manœuvre dont il disposera pour ses deux dernières années à la Maison Blanche.

La mécanique électorale joue contre lui. Le parti qui occupe la Maison Blanche perd presque toujours du terrain au Congrès lors des mi-mandat, des élections que les Américains traitent volontiers comme un référendum sur le président en place. Tous les sièges de la Chambre des représentants sont remis en jeu, et les démocrates partent favoris pour y reprendre la majorité. Leur gain serait loin d’être symbolique. Il leur donnerait la main sur le budget fédéral et la possibilité d’ouvrir des enquêtes parlementaires sur des soupçons de corruption au sein de l’administration, sur le dossier Epstein et sur d’autres sujets sensibles.

Le Sénat, lui, reste indécis. Trente-cinq des cent sièges sont à pourvoir, et un sondage paru dimanche place les candidats démocrates en tête dans la plupart des États les plus disputés, Texas et Maine compris. Dans ces deux États traditionnellement conservateurs, James Talarico et Adam Hamilton tiennent meeting lundi. Une majorité démocrate à la chambre haute bloquerait les nominations à vie dans le pouvoir judiciaire, Cour suprême incluse. Le camp démocrate avance pourtant avec prudence, conscient que les enquêtes d’opinion ont déjà sous-estimé la mobilisation de la base trumpiste. Le sénateur Raphael Warnock a résumé l’ambiance régnant dans son camp en parlant d’un état d’esprit « outrageusement optimiste ».

Le bilan présidentiel ne l’aide pas. Un sondage paru dimanche indique que 60 % des Américains désapprouvent son action, un désaveu nourri par l’envolée du coût de la vie et par les frappes contre l’Iran, lancées alors qu’il avait promis de mettre fin aux campagnes militaires à l’étranger.

Face à cette impopularité, les républicains ont mené une campagne de la terre brûlée, dépeignant leurs adversaires comme de dangereux « communistes ». Dans l’Iowa dimanche, Donald Trump a assuré que l’opposition était composée de « radicaux extrémistes » prêts à laisser entrer des migrants pour « mettre à sac, violer et piller ». Il avait déjà qualifié de « terroriste » le démocrate Abdul El-Sayed, qui deviendrait le premier sénateur musulman du pays s’il l’emportait dans le Michigan. Dimanche toujours, la démocrate Haley Stevens, battue par Abdul El-Sayed aux primaires, a annoncé son ralliement au républicain Mike Rogers, un revirement salué par le président. Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a parlé d’une « trahison abjecte », conscient que la majorité pourrait se jouer à un seul siège.

Les électeurs, en tout cas, ont répondu présents avant l’heure. Quelque 54 millions de personnes ont déjà voté de façon anticipée, un record, avec une majorité d’inscrits démocrates. La campagne a par ailleurs coûté environ 11 milliards de dollars en publicités, largement financés par des mécènes privés. Elon Musk, à lui seul, a versé près d’un demi-milliard.

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