Faits Divers
Arras, trois ans après, le presumed assassin de Dominique Bernard devant les assises
Trois ans après la mort de Dominique Bernard, son ancien élève va être jugé aux assises

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Trois ans après la mort de Dominique Bernard, son ancien élève va être jugé aux assises
L’ordonnance est tombée mercredi. Trois juges d’instruction ont décidé de renvoyer Mohammed Mogouchkov devant la cour d’assises spéciale de Paris, la juridiction réservée aux dossiers terroristes. L’homme est soupçonné d’avoir tué Dominique Bernard, son ancien professeur de français, et blessé trois autres personnes lors de l’attaque du 13 octobre 2023 devant la cité scolaire Gambetta-Carnot, à Arras. Le parquet national antiterroriste a confirmé la teneur de cette mise en accusation.
Le même document prononce un non-lieu pour le jeune frère de l’assaillant et pour son cousin, tous deux poursuivis dans le dossier. Le ministère public ne compte pas en rester là et a annoncé faire appel. Autrement dit, le périmètre exact des personnes jugées n’est pas encore figé.
Les faits, eux, sont établis par l’enquête. Ce jour-là, l’homme, fiché pour radicalisation islamiste et muni de couteaux, attend son ancien professeur à la sortie de l’établissement. Dominique Bernard avait 57 ans. En une dizaine de minutes, l’attaque fait un mort et trois blessés. L’assaillant, un Russe originaire d’Ingouchie alors âgé d’une vingtaine d’années, avait publié peu avant une vidéo d’allégeance dans laquelle il revendiquait son geste au nom du groupe État islamique.
Dans leur ordonnance, les magistrats décrivent un projet construit bien en amont. Ils évoquent un dessein préalable, le fruit d’une préparation minutieuse, avec des repérages sur les lieux et l’achat de couteaux. Sur le choix des cibles comme sur la manière de passer à l’acte, ils estiment que l’assaillant a cherché à manifester sa haine du mode de vie occidental en général et de l’école en particulier. Les juges s’appuient aussi sur ses propres déclarations en garde à vue, où il expliquait avoir visé un enseignant pour atteindre la démocratie, dans la continuité selon lui d’attentats commis plus tôt en France.
Le retentissement de l’affaire dépasse largement Arras. Elle survient trois ans après l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire tué le 16 octobre 2020 dans les Yvelines. Une proximité qui a marqué les esprits et pesé sur le regard porté à ce dossier. Richard Malka, l’avocat de la veuve de Dominique Bernard, n’a pas souhaité s’exprimer pour l’instant. Il avait en revanche prédit, dès juin, que ce procès aurait un poids considérable pour comprendre le jihadisme, en rappelant que l’accusé s’était longuement livré, au fil des investigations, sur son propre chemin de fanatisation. Reste à savoir ce que la cour d’assises spéciale retiendra de ces mots.
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