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Indonésie, l’ex-chef de la police rattrapé par des écoutes du président
Un ancien patron de la police indonésienne, écarté cette semaine de son poste au cabinet présidentiel, est accusé d’avoir trempé dans des écoutes visant…

Un ancien patron de la police indonésienne, écarté cette semaine de son poste au cabinet présidentiel, est accusé d’avoir trempé dans des écoutes visant le chef de l’État. Le gouvernement parle de possible trahison et la capitale reçoit des renforts militaires.
L’affaire secoue les plus hautes sphères indonésiennes. Listyo Sigit Prabowo, ancien chef de la police nationale devenu chef de cabinet du président, a été arrêté à Jakarta après son limogeage. Le gouvernement estime que son implication présumée dans des écoutes du président Prabowo Subianto pourrait relever de la trahison. Un porte-parole de la présidence affirme que les faits reprochés compromettent la sécurité des intérêts de l’État et mettent en danger le dirigeant du pays. Le code pénal indonésien prévoit la peine de mort par peloton d’exécution pour la trahison envers le président.
Deux autres hauts responsables de la police ont été arrêtés en même temps que lui. Ils sont soupçonnés d’avoir placé sur écoute le président, des membres du gouvernement, des responsables politiques, des journalistes, des représentants d’ONG et des hommes d’affaires. La police soutient que ces écoutes ont été réalisées sans base juridique et sans suivre les procédures d’enquête ou d’instruction prévues par la loi. Les raisons exactes de ces écoutes restent inconnues, et le président a fait part de sa vive inquiétude.
Ce dossier tombe dans un climat déjà tendu. Ces dernières semaines, des protestations ont visé les difficultés économiques, la corruption, l’autoritarisme et la gestion des incendies, dont les fumées toxiques ont rendu malades des milliers de personnes. Deux ans après le début de son mandat, la popularité de Prabowo Subianto a chuté à un niveau historiquement bas. Des messages circulent aussi sur les réseaux sociaux à propos d’une instabilité au sommet de l’État. Le chef de l’armée a ordonné le déploiement de milliers de soldats à Jakarta. L’état-major présente cette mesure comme une préparation opérationnelle de routine, tandis qu’un analyste des questions de sécurité juge qu’une plus grande transparence éviterait des spéculations inutiles. Il ne voit pas, pour l’instant, de preuve suffisante d’une intervention militaire imminente ou d’une confrontation entre institutions.
La pression monte aussi sur le vice-président Gibran Rakabuming Raka, fils de Joko Widodo, prédécesseur et rival politique de Prabowo. Il est soupçonné de ne pas avoir obtenu son diplôme de fin d’études secondaires, une condition requise pour occuper la vice-présidence. Le mois dernier, Prabowo a remanié son gouvernement pour la septième fois et a nommé Listyo Sigit Prabowo à la tête de son cabinet. Âgé de 57 ans, ce dernier est perçu comme un allié de Joko Widodo. Il dirigeait la police nationale au moment où les écoutes présumées auraient commencé, en 2025.
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