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Après la claque électorale de Trump, les partenaires de Washington relèvent la tête
La défaite républicaine aux élections de mi-mandat fragilise Donald Trump face aux pays avec lesquels il négocie. Du Japon à l’Inde en passant par la…

La défaite républicaine aux élections de mi-mandat fragilise Donald Trump face aux pays avec lesquels il négocie. Du Japon à l’Inde en passant par la Chine, chacun cherche désormais à gagner du temps ou à peser davantage à la table des discussions.
Le revers encaissé par les républicains ne s’arrête pas aux frontières américaines. Il plonge ses racines dans la hausse du coût de la vie, elle-même nourrie en partie par la politique commerciale offensive de Donald Trump. Conséquence possible, les partenaires de Washington pourraient désormais lui tenir tête avec moins d’états d’âme. Ceux qui avaient promis des investissements colossaux sur le sol américain pour échapper à des droits de douane prohibitifs ont une bonne raison de temporiser jusqu’à la prochaine présidentielle, dans deux ans. Le calendrier compte d’autant plus que le président est attendu en Asie à la fin du mois, d’abord aux Philippines pour rencontrer les dirigeants d’Asie du Sud-Est, puis au forum de l’APEC à Shenzhen, en Chine.
Les montants en jeu donnent la mesure des tractations. Le Japon a promis 550 milliards de dollars, la Corée du Sud 350 milliards, soit environ 483 et 308 milliards d’euros, dans le cadre d’accords scellés avec Donald Trump l’an dernier. « Les démocrates semblent considérer que ces engagements ont été imposés par les États-Unis à leurs partenaires », observe Heo Yoon, professeur d’économie à l’université Sogang de Séoul. Il s’attend à ce que Tokyo et Séoul se sentent moins tenus de les honorer.
Tous les observateurs ne partagent pas cet optimisme. Un président sorti perdant des urnes pourrait au contraire durcir le ton pour démontrer l’efficacité de sa méthode. « La question des droits de douane n’est pas close. Si la réponse du Japon tarde à venir, les appels à l’instauration de droits de douane supplémentaires pourraient refaire surface », prévient Kazuhiro Maeshima, professeur de politique américaine à l’université Sophia de Tokyo.
La Corée du Sud fait déjà les frais de cette impatience. Séoul figure parmi les cibles favorites de Donald Trump lorsqu’il accuse des pays de ne pas tenir leurs promesses d’investissement. Les autorités sud-coréennes ont récemment démenti ses affirmations selon lesquelles elles auraient accepté de financer l’Alaska LNG, un projet de gazoduc de gaz naturel liquéfié.
Reste que le président garde la main sur les droits de douane, qu’il peut toujours fixer par décret. Mais Ban Kil-joo, professeur de relations internationales à l’Académie diplomatique nationale de Corée, voit dans l’examen minutieux de ces mesures par un Congrès à majorité démocrate « un temps précieux » pour Séoul. L’Inde, qui négocie encore, a elle aussi intérêt à patienter. Son ministre du Commerce assurait au début du mois que la première phase d’un accord avec Washington touchait à sa fin, tout en prévenant que New Delhi ne donnerait son feu vert que si elle y gagnait un avantage à l’export face à ses concurrents. Les deux pays s’étaient entendus en février sur un cadre ramenant de 50 % à 18 % les droits de douane punitifs frappant la plupart des produits indiens, instaurés en août 2025 après l’échec d’un précédent cycle de négociations.
« Des pays comme l’Inde devraient rester prudents. La victoire des démocrates ne va pas nécessairement rendre Donald Trump plus conciliant envers qui que ce soit », souligne Rajiv Bhatia, ancien diplomate indien devenu chercheur au Gateway House. À ses yeux, New Delhi gagnerait plutôt à travailler plus étroitement avec les élus du Congrès sur le commerce, les droits de douane et les visas.
Pékin, de son côté, aborde les prochaines discussions avec un atout. La trêve commerciale conclue avec Washington arrive à échéance en janvier, et Donald Trump a beaucoup investi dans sa relation avec Xi Jinping, jusqu’à recevoir ce dernier pour une visite d’État fastueuse le mois dernier. Son goût pour les rapports personnels l’a déjà conduit à des revirements spectaculaires pour décrocher un résultat.
Un Congrès démocrate pourrait toutefois lui couper l’herbe sous le pied. « Les démocrates ne laisseront probablement pas Donald Trump agir à sa guise dans ses négociations avec Pékin », estime Alicia Garcia-Herrero, économiste en chef pour l’Asie-Pacifique chez Natixis. Ils avaient vivement reproché aux précédents sommets entre les deux hommes de laisser de côté des sujets clés comme l’intelligence artificielle. Une majorité démocrate devrait pousser à renforcer les contrôles sur les exportations technologiques et la surveillance des chaînes d’approvisionnement dans les semi-conducteurs et l’IA, ce qui réduirait la marge de concession du président sur des terrains essentiels pour Pékin.
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