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Naïma Moutchou en Guadeloupe pour désamorcer la colère sur les prix, les lycées et les armes

Trois jours sur place pour répondre à trois fronts à la fois. La vie chère, les lycées mobilisés et les fusillades de nuit occupent le programme de la…

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Naïma Moutchou en Guadeloupe pour désamorcer la colère sur les prix, les lycées et les armes

Trois jours sur place pour répondre à trois fronts à la fois. La vie chère, les lycées mobilisés et les fusillades de nuit occupent le programme de la ministre des Outre-mer.

Naïma Moutchou pose ses valises en Guadeloupe ce mercredi. Trois jours sur l’archipel, et un emploi du temps qui dit beaucoup de l’ampleur du malaise. La ministre des Outre-mer vient d’abord parler d’argent, celui que les familles n’arrivent plus à sortir pour remplir le caddie. Les mobilisations d’octobre avaient placé le sujet au premier rang. Les chiffres donnent le vertige. Les produits alimentaires y coûtent en moyenne 42% plus cher qu’en Hexagone.

Sur ce front, l’exécutif parie sur une combinaison de dispositifs déjà en place et de gestes nouveaux. Le bouclier qualité-prix reste actif, avec un panier de produits du quotidien plafonné à 308 euros grâce à un accord passé avec la distribution. La TVA et l’octroi de mer sont neutralisés sur les produits de première nécessité. Cette taxe propre aux Outre-mer frappe les marchandises importées et certaines productions locales, et sert à financer les collectivités. Les entreprises du territoire touchées par les troubles peuvent aussi décrocher des prêts à taux zéro allant jusqu’à 50 000 euros. Le tout en attendant que les députés se saisissent du projet de loi contre la vie chère, déjà voté au Sénat. Sur les violences, les pillages et les dégradations qui ont visé des commerçants eux-mêmes confrontés aux difficultés de l’île, la ministre ne mâche pas ses mots et les condamne sans réserve.

Deuxième dossier brûlant, les lycées. Vingt-et-un établissements avaient été secoués par un mouvement début octobre. Naïma Moutchou doit échanger mercredi soir avec les élus lycéens au rectorat des Abymes, dans le centre de l’île. Les intéressés seront reçus la semaine prochaine par le Premier ministre. La concertation nationale donne une idée des priorités. Parmi les 374 participants guadeloupéens, 83,6% citent le bâti et la chaleur, 32,2% les violences. Sur le bâti, l’État renvoie la balle à la collectivité régionale et rappelle que les lycées relèvent de la Région, de leur construction à leur entretien. Une réunion s’est tenue le 29 octobre avec les exécutifs régionaux, aux côtés d’Édouard Geffray pour l’Éducation nationale et de Françoise Gatel pour l’Aménagement du territoire et la Décentralisation. Des chantiers urgents sont promis avant mai 2027.

Le volet sécuritaire s’annonce comme le plus éprouvant. La ministre participera à une patrouille de nuit, dans un contexte alourdi par la mort d’un adolescent de 15 ans le week-end dernier. Le taux d’homicides atteint 11,5 pour 100 000 habitants en 2025, soit huit fois le niveau national, établi à 1,4. Les armes de poing en circulation viennent à 70% des États-Unis. La réponse avancée par le gouvernement tient en un plan de lutte contre le narcotrafic Antilles-Guyane, doté de 14 millions d’euros et de 74 agents supplémentaires.

Le déplacement se refermera sur un enjeu économique. Après la 30e Conférence des présidents des régions ultrapériphériques, jeudi et vendredi, en présence du vice-président exécutif de la Commission européenne Raffaele Fitto, l’exécutif se rendra vendredi à Deshaies, dans le nord-ouest, pour conforter le tourisme. Le secteur a généré 766,9 millions d’euros de dépenses en 2025. Trois obstacles continuent de le brider, l’accès à l’eau, l’insécurité et les sargasses.

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