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Mélenchon garde le cap radical et promet de tout changer

Devant plus de 20 000 personnes au Bourget, Jean-Luc Mélenchon a refusé de modérer son discours et promis de tout changer. Il mise sur cette ligne…

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Mélenchon garde le cap radical et promet de tout changer

Devant plus de 20 000 personnes au Bourget, Jean-Luc Mélenchon a refusé de modérer son discours et promis de tout changer. Il mise sur cette ligne radicale pour déjouer les pronostics et espérer battre Marine Le Pen au second tour.

Le tribun insoumis n’a pas l’intention de lisser son image. Face à un public nombreux, plutôt jeune, qui reprenait des chants antifascistes et scandait des appels à la victoire, il a prévenu que les commentateurs qui lui recommandent de mettre de l’eau dans son vin pour séduire et être moins clivant n’obtiendraient rien. « Je ne le ferai pas », a-t-il lancé. Sa proposition tient en une phrase. « Je n’ai qu’une chose raisonnable à vous proposer, il faut tout changer. »

Le meeting du Bourget, en Seine-Saint-Denis, s’inscrit dans un retour de La France insoumise en région parisienne, là où le mouvement est le plus implanté. Le lieu a aussi une charge symbolique. François Mitterrand y avait tenu son dernier meeting de premier tour lors de sa campagne de réélection, et il reste une figure tutélaire pour Jean-Luc Mélenchon, membre du PS pendant plus de trente ans. Le candidat doit désormais prouver qu’il peut rassembler au-delà de son camp. Sa nouvelle affiche, qui rappelle « La force tranquille » de Mitterrand, traduit cette ambition.

Le discours a commencé par une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi, tué lors des attentats racistes de Trappes et La Verrière. Jean-Luc Mélenchon a ensuite attaqué dix années de gestion du pays, parlant d’une « agonie macroniste » et d’une « sombre fin de règne ». Il a pointé le mécontentement de la jeunesse et d’une partie du monde du travail, et dénoncé « la sauvagerie des violences policières » dans les manifestations. Face au Rassemblement national, il a été tout aussi direct. « Ils n’ont aucune idée, à part le racisme », a-t-il dénoncé.

La ligne radicale ne signifie pas fermer le programme. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a expliqué devant la presse que le mouvement allait rester sur son projet de rupture tout en élargissant sur des sujets peut-être moins évoqués, comme les « maladies écologiques ». La sortie du programme présidentiel des Insoumis, nouvelle version de « L’Avenir en commun » avec 1 069 propositions, donne un contenu à cette promesse. Avant la prise de parole de leur leader, des élus insoumis ont joué des saynètes sur scène, déclamant des éléments du programme dans une mise en scène chorale et quasi théâtrale. Le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko a été le plus applaudi. Manuel Bompard a résumé la démarche en parlant du « programme des humanistes, des collectivistes, des écologistes, des anticapitalistes et de tous ceux qui aspirent à une vie meilleure ».

Les adversaires n’ont pas tardé à réagir. Marine Le Pen a assimilé ce projet à un « démantèlement de la France », qui pousserait jusqu’au bout une logique de déconstruction. Édouard Philippe a attaqué une « vision communautariste » et une « économie administrée ». À l’entrée du parc des expositions, des membres du collectif Nous Vivrons ont aussi rappelé par un chant les accusations récurrentes de flirt avec l’antisémitisme visant Jean-Luc Mélenchon, en scandant « la haine des juifs, c’est la passion de Mélenchon ». Les enquêtes d’opinion le placent au second tour face à Marine Le Pen, tout en le donnant largement battu par le RN. Il n’avait jamais atteint un tel niveau à ce stade de la campagne. Reste à savoir si sa ligne radicale peut devenir majoritaire.

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