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À Amsterdam, une marée rouge pour réclamer la fin des livraisons d’armes à Israël

Les organisateurs annoncent 200 000 participants dans les rues de la capitale néerlandaise, venus exiger un changement de cap de leur gouvernement sur la…

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À Amsterdam, une marée rouge pour réclamer la fin des livraisons d'armes à Israël

Les organisateurs annoncent 200 000 participants dans les rues de la capitale néerlandaise, venus exiger un changement de cap de leur gouvernement sur la question palestinienne. Une pression directe sur le Premier ministre Rob Jetten, dont le rétropédalage fait grincer des dents.

Ils étaient des dizaines de milliers à descendre dans les rues d’Amsterdam dimanche, habillés de rouge et brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Stop au génocide ». La manifestation, baptisée « ligne rouge » par ses organisateurs, a rassemblé environ 200 000 personnes selon eux. Le message adressé au gouvernement néerlandais est limpide. Les participants veulent des actes concrets à l’encontre d’Israël, et vite.

Dans le cortège, Steven Eisinger, la trentaine, une écharpe rouge autour du cou, a expliqué vouloir porter sa voix en tant que juif. Cet Américain installé à Amsterdam dit avoir de la famille en Israël et tenir à affirmer son soutien à la Palestine ainsi que son opposition à ce qu’il qualifie de génocide. Son mot d’ordre tient en une phrase lancée aux dirigeants. « Arrêtez d’envoyer des armes à Israël », a-t-il exhorté.

Le contexte reste lourd. Un cessez-le-feu fragile entre le Hamas et Israël est entré en vigueur en octobre 2025, après deux ans d’une guerre déclenchée par l’attaque meurtrière du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023. Malgré cette trêve, une crise humanitaire aiguë persiste dans la bande de Gaza, où les frappes israéliennes se poursuivent régulièrement. En Cisjordanie, les violences commises par des colons contre les Palestiniens continuent elles aussi de s’aggraver.

La mobilisation prend une couleur politique très nette aux Pays-Bas. Le pays n’a pas reconnu la Palestine comme un État, contrairement à la France et à la Belgique. Rob Jetten, aujourd’hui Premier ministre, s’était pourtant rendu à l’une de ces manifestations en 2025, à l’époque où il était candidat aux élections législatives. Vendredi, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, il a jugé qu’il serait désormais « inapproprié » pour lui d’y participer. Un revirement qui n’est pas passé auprès des manifestants. « C’est un lâche », a déploré Jan Willem de Leeuw, présent dans le cortège dimanche.

Le gouvernement néerlandais a tout de même franchi un pas fin septembre, en interdisant les produits issus des colonies implantées dans les territoires palestiniens occupés, illégales au regard du droit international. La réaction israélienne n’a pas traîné. Le chef de la diplomatie Gideon Saar a annoncé la révocation de l’accréditation des diplomates néerlandais. Un signe que la moindre décision sur ce dossier se paie cher.

Cette édition 2026 s’inscrit dans une série de rassemblements de grande ampleur. En mai, juin et octobre 2025, des mobilisations similaires avaient réuni à La Haye et Amsterdam des chiffres jamais vus aux Pays-Bas, dont 250 000 participants dans la capitale selon les organisateurs. Le sujet déborde désormais largement le champ diplomatique. Fin octobre, le radiodiffuseur public néerlandais a retiré le pays du concours Eurovision de la chanson 2027, invoquant la question « sensible » de la participation d’Israël.

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