Faits Divers
Une fusillade sur la place du marché fait vaciller le sentiment de sécurité en Pologne
La place du marché de Cracovie est restée vide dimanche après qu’un jeune homme a ouvert le feu sur des passants, tuant six personnes et en blessant une…

La place du marché de Cracovie est restée vide dimanche après qu’un jeune homme a ouvert le feu sur des passants, tuant six personnes et en blessant une quinzaine. L’attaque, précédée du meurtre de sa famille, ébranle l’image d’un pays à l’abri de ce type de violence.
Dimanche, la place du marché de Cracovie, d’ordinaire envahie par les passants, était déserte. Des policiers fouillaient encore chaque recoin, chaque pot de fleurs, tandis que des pigeons fendaient la brume de leurs ailes. La veille, un jeune Polonais a tiré au hasard avec un fusil semi-automatique sur cette place. Six personnes sont mortes. Une quinzaine ont été blessées, dont des policiers. Ces derniers ont fini par le neutraliser en le blessant grièvement.
Avant de passer à l’acte, l’homme a tué ses parents et sa sœur à leur domicile, a indiqué la police. Le pays n’avait jamais connu une attaque d’une telle ampleur. La Pologne se targuait d’un taux d’homicides et de violences parmi les plus bas d’Europe et d’être épargnée par les attentats qui frappent régulièrement l’Europe occidentale. Les touristes étrangers y voyaient une oasis de sécurité. Le ministre de l’Intérieur a évoqué la fascination du tireur pour les idéologies d’extrême droite.
Dans une rue voisine, un employé d’une société de visites guidées tentait, pancarte à la main, de convaincre les rares touristes de découvrir d’autres quartiers. Une jeune femme de 27 ans se disait dévastée et persuadée que sa ville ne serait plus jamais la même. Elle avait récemment vanté Cracovie comme l’un des endroits les plus sûrs du monde. Elle tire pourtant une fierté de l’élan de solidarité qui a suivi.
Des millions de zlotys ont été collectés pour venir en aide aux policiers, considérés comme des héros pour avoir arrêté l’assaillant malgré leurs blessures. Les centres de don du sang ont vu affluer les volontaires, avec des files d’attente de plusieurs heures. Une messe pour les victimes est prévue dimanche après-midi, et le métropolite de Cracovie a appelé la population à rester unie. L’attaque a aussi été analysée comme une atteinte à la Pologne et à son mode de vie, et à cette impression de sécurité que beaucoup tenaient pour acquise. Le débat public s’inquiète des divisions entre le gouvernement centriste et la présidence nationaliste, sur fond de montée de l’extrême droite, avec la crainte de voir émerger des émules polonais du tueur norvégien d’extrême droite qui avait fait 77 victimes en 2011.
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