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Blocus, bennes et rentrée sous tension dans les lycées

Les cours reprennent ce lundi dans un climat électrique, avec des établissements de nouveau bloqués à Marseille et à Toulouse. Le gouvernement promet que…

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Blocus, bennes et rentrée sous tension dans les lycées

Les cours reprennent ce lundi dans un climat électrique, avec des établissements de nouveau bloqués à Marseille et à Toulouse. Le gouvernement promet que tout sera fait pour que les élèves retournent en classe, les organisations lycéennes et étudiantes jugent les annonces trop maigres.

À Marseille, l’entrée du lycée Montgrand était condamnée dès le matin par des ordures empilées devant les grilles. Juchée sur une benne, Meriem, 16 ans, résume la position des bloqueurs. Le mouvement a repris, dit-elle, parce que les réponses apportées ne conviennent pas et ne correspondent pas à ce qui est demandé. Sur la ville, qui compte environ 75 établissements scolaires, sept étaient bloqués dans la matinée selon des lycéens militants. À Toulouse, devant Berthelot, les élèves ont remonté leurs installations de blocage pour empêcher l’accès. Les mêmes mots reviennent chez Anton, 17 ans, et Camille, 17 ans, qui refusent de voir le mouvement s’arrêter sur des promesses qu’ils jugent éphémères et réclament du concret plutôt que de la démagogie.

Côté gouvernement, on minimise l’ampleur. Le ministre de l’Education nationale évoque quelques lycées perturbés seulement, un phénomène qu’il qualifie d’assez résiduel, avec des cas en Ile-de-France, dans le Nord et un ou deux à Toulouse. Son inquiétude porte ailleurs, sur le temps perdu. Des centaines de milliers de lycéens n’ont pas eu cours depuis quatre ou cinq semaines, et certains passent le baccalauréat en fin d’année. Pour eux, l’année scolaire est désormais en risque, prévient-il, en plaçant la priorité absolue sur le retour en classe.

Pour désamorcer la crise née à la mi-septembre, l’exécutif a mis sur la table une série de mesures annoncées la semaine dernière. Le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, l’annulation des suppressions de postes dans l’Education nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement des classes de seconde à 28 élèves et 15 000 places de plus dans l’enseignement supérieur. Le Premier ministre a par ailleurs demandé qu’une réponse soit apportée aux 200 lycées les plus en difficulté, recensés via la plateforme de concertation. Les organisations de jeunesse parlent d’un premier pas. Un premier pas qui ne suffit pas.

Loin de s’essouffler, la mobilisation trouve même dans ces annonces de quoi se relancer. Pour le co-secrétaire général de l’USL, Marius Mesnil, ces avancées imparfaites restent de vraies choses et prouvent que la pression fonctionne, ce qui le conduit à anticiper de nombreux blocus. Même tonalité du côté d’Interfac Île-de-France, où Coppélia Moreau assure que la colère ne retombe pas. Une nouvelle manifestation parisienne est prévue mardi entre le Panthéon et le siège du Medef. L’intersyndicale qui rassemble l’USL, l’Unef, la Fage et l’Union étudiante chiffre ses attentes à 10 milliards d’euros investis dans l’éducation et l’enseignement supérieur, et réclame l’abrogation pure et simple de Parcoursup.

Sur le terrain, la lassitude gagne pourtant une partie des élèves. Un lycéen de seconde de 14 ans dit soutenir les revendications tout en confessant que la situation devient compliquée après un mois sans cours. Les chefs d’établissement, eux, abordent cette reprise sans visibilité. La secrétaire générale du syndicat ID-FO, Agnès Andersen, résume le sentiment général, personne ne sait à quoi s’attendre et tout le monde est sur le qui-vive. La proviseure du lycée Vauquelin à Paris, Carole Zerbib, évoque une profession arrivée sur les rotules juste avant les vacances. La police va de son côté renforcer ses effectifs pour sécuriser les établissements et accompagner la communauté éducative, après les violences des précédentes mobilisations. A l’Elysée, on considère que le temps d’un retour en classe est venu, tout en admettant qu’un tel mouvement ne se termine jamais de manière absolument nette.

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