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Six mesures de santé publique pourraient éviter 1,5 million de morts par an

Une étude de l’OMS chiffre à 1,56 million le nombre de décès évitables chaque année grâce à six mesures de prévention. Les retombées économiques se…

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Six mesures de santé publique pourraient éviter 1,5 million de morts par an

Une étude de l’OMS chiffre à 1,56 million le nombre de décès évitables chaque année grâce à six mesures de prévention. Les retombées économiques se compteraient, elles, en milliers de milliards de dollars.

L’Organisation mondiale de la santé publie une évaluation à quelques jours de l’ouverture de la COP31, qui se tiendra à Antalya, en Turquie. Son constat tient en une phrase. En déployant partout dans le monde six dispositifs déjà connus, on empêcherait 1,56 million de décès annuels liés aux effets du changement climatique. L’organisation parle d’un « triple dividende », comprenez trois gains en un, des populations en meilleure santé, des émissions de gaz à effet de serre en recul et des économies plus solides.

Le catalogue tient en six chantiers. Des systèmes d’alerte sanitaire déclenchés par la chaleur. Des réseaux d’eau potable et d’assainissement capables d’encaisser les chocs climatiques. Un meilleur lavage des mains. Des modes de cuisson et de chauffage moins polluants à l’intérieur des logements. Et, enfin, une tarification des combustibles fossiles qui reflète réellement leur coût. Rien d’expérimental donc, mais des outils qui existent déjà et qui attendent d’être généralisés.

Les chiffres donnent le vertige. Ces mesures combinées éviteraient chaque année 16,67 milliards de tonnes d’émissions en équivalent CO2. Côté finances, le bénéfice atteindrait près de 4 000 milliards de dollars par an en bien-être économique, une somme qui agrège la valeur des vies sauvées, des catastrophes écartées et des dépenses de soins épargnées. Les retombées budgétaires pourraient culminer autour de 5 440 milliards de dollars. Ces projections couvrent 187 pays et courent jusqu’en 2075.

Toutes les mesures ne se valent pas. Le meilleur rapport coût-bénéfice revient aux alertes sanitaires liées à la chaleur, avec 836 dollars récupérés pour chaque dollar investi. Mais le gros des effets se concentre ailleurs, dans la tarification des énergies fossiles. Cette seule politique expliquerait 1,2 million des décès évités et 98 % des émissions épargnées chaque année, tout en remplissant les caisses des États. Autre point notable, les pays à revenu faible ou intermédiaire en tireraient des bénéfices proportionnellement supérieurs à ceux des pays riches, sur le plan sanitaire comme sur le plan économique.

« Le monde doit identifier, prioriser et mettre en œuvre des solutions permettant de prévenir les pertes en vies humaines et de protéger les communautés contre les préjudices liés au climat », insiste le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui évoque une « opportunité exceptionnelle ». L’organisation reconnaît elle-même les limites de l’exercice, des scénarios volontaristes, des données manquantes et l’incertitude inhérente à ce type de projections. Elle en tire malgré tout un appel aux gouvernements pour qu’ils intègrent la santé dans leurs politiques climatiques et accélèrent la mise en œuvre. Tedros Adhanom Ghebreyesus se rendra à la COP31 la semaine prochaine pour porter ce message et pousser les pays à faire entrer la santé dans les négociations.

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