Société
La CFDT refuse que les manifs se cachent loin des centres-villes
Marylise Léon dénonce des parcours imposés en périphérie et des annulations décidées au dernier moment, à la veille d’une journée de grèves et de…

Marylise Léon dénonce des parcours imposés en périphérie et des annulations décidées au dernier moment, à la veille d’une journée de grèves et de rassemblements. La patronne du premier syndicat de France réclame des règles lisibles et annonce une forte mobilisation jeudi.
À la veille d’une journée de grèves et de manifestations appelée par l’ensemble des grandes centrales, Marylise Léon a haussé le ton. Mercredi, lors d’une conférence de presse parisienne du Pacte du pouvoir de vivre, organisation dont la CFDT fait partie, la secrétaire générale a étrillé la manière dont les cortèges sont encadrés. Son grief central porte sur l’interdiction de défiler dans les centres-villes, qu’elle juge « pas acceptable ». Pour elle, une manifestation n’a de sens que si elle se voit. Et à ses yeux, repousser les participants hors du cœur des villes revient à vider l’événement de sa portée.
La dirigeante syndicale pointe aussi un silence gênant. À ce stade, la préfecture de police de Paris n’a apporté aucune réponse sur le parcours déclaré, une situation qu’elle dénonce publiquement. Elle a fait remonter le problème au sommet de l’État, affirmant avoir transmis un message à Matignon pour rappeler que « ce n’était pas l’engagement qui avait été pris » lors de la rencontre du 21 octobre. Ce jour-là, le Premier ministre avait reçu les responsables syndicaux dans la foulée des violences et des pillages survenus en marge de plusieurs rassemblements contre la vie chère, le 17 octobre, un mouvement parti des réseaux sociaux.
Le reproche ne date pas d’hier. Marylise Léon déplore une méthode consistant à annuler la veille au soir un trajet pourtant validé et négocié entre les parties. Elle l’a dit sans détour, ces pratiques ne créent pas les conditions d’une sécurité sereine. Les 24 et 31 octobre, les manifestations contre la vie chère avaient déjà été reléguées sur les boulevards des Maréchaux, qui font le tour de la capitale. Une façon de tenir les manifestants à distance du centre, loin des regards.
La contestation ne se limite pas aux déclarations. Mardi, l’intersyndicale d’Île-de-France a saisi le juge des référés pour contraindre la préfecture de police à publier rapidement un éventuel arrêté d’interdiction, puis à le suspendre. Le trajet visé reliait la Bastille à la Concorde. À Toulouse, les organisations syndicales ont elles aussi contesté l’interdiction du parcours qu’elles avaient déposé en centre-ville. Deux fronts, une même revendication, pouvoir manifester là où l’on est vu.
Malgré ces frictions, la secrétaire générale de la CFDT anticipe une « belle mobilisation » jeudi. Ses remontées du terrain ressemblent à celles des journées de lutte contre la réforme des retraites, avec une particularité. Les points de rassemblement se multiplient et prennent des formes variées, ce qui complique le décompte mais témoigne d’une mobilisation qui essaime plutôt qu’elle ne se concentre.
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