Société
La musique classique descend dans la rue pour faire entendre les luttes
Un orchestre engagé a transformé la place de la République en scène à ciel ouvert, avec des centaines de musiciens et de choristes. Le même élan a gagné…

Un orchestre engagé a transformé la place de la République en scène à ciel ouvert, avec des centaines de musiciens et de choristes. Le même élan a gagné une vingtaine de villes, avec l’envie de faire résonner la musique au cœur des mobilisations.
L’Orchestre du nouveau monde a retrouvé la rue pour prêter sa force musicale aux manifestants parisiens. D’autres musiciens en lutte ont suivi le mouvement dans une vingtaine de villes de France. À Paris, plusieurs centaines de musiciens et de choristes se sont installés place de la République, au départ du cortège qui devait rejoindre la place de la Nation, pendant la journée de mobilisation sociale. Etienne Jarrier, chef d’orchestre, portait un sweat-shirt rouge avec le mot « hope » en majuscules. Il a demandé à son public de prendre « la puissance de la musique classique » et de l’énergie.
Cette formation soutient le mouvement lycéen. Une de ses répétitions avait déjà été écourtée sur cette même place par des lacrymogènes. Cette fois, les spectateurs manifestants brandissent des pancartes, sourient et applaudissent des morceaux tirés de Star Wars, d’Avengers ou de la « Symphonie du nouveau monde » de Dvorak. Ils reprennent à pleins poumons « Emmenez-moi » de Charles Aznavour, l’Internationale, « The Hanging Tree », issu de la bande originale de Hunger Games, ou encore « J’ai deux passions, la fanfare, la révolution ».
Etienne Jarrier voit dans cette journée un moment de convergence des luttes et de grève générale. Il la juge déterminante et appelle le mouvement de masse à bloquer le pays et à faire descendre l’Histoire dans les rues. Autour de la scène improvisée, les ballons colorés des organisations syndicales se préparent à défiler. Des manifestants montés sur la statue de Marianne scandent des slogans pendant les interruptions. Entre deux morceaux, les forces de l’ordre se font siffler. Le chef d’orchestre avait glissé, pendant une répétition, qu’on était mieux quand il n’y avait pas les gaz.
L’Orchestre du nouveau monde existe depuis six ans. Il rassemble environ 250 adhérents, étudiants, jeunes professionnels ou amateurs, et accueille tout musicien bénévole lors de ses concerts de rue. Les partitions circulent sur les réseaux sociaux. La formation se sert de la musique classique pour défendre la justice sociale et climatique. Un appel avait été lancé pour que d’autres orchestres se créent en région au départ des manifestations, avec le slogan « Orchestres partout, silence nulle part ». Les organisateurs recensent 25 villes participantes, dont Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Lille ou Tours.
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