Économie
Emirates encaisse le contrecoup de la guerre mais garde le cap
La compagnie de Dubaï a vu son bénéfice net semestriel chuter de 66 %, à un milliard de dollars, dans un contexte de conflit régional et de carburant plus…

La compagnie de Dubaï a vu son bénéfice net semestriel chuter de 66 %, à un milliard de dollars, dans un contexte de conflit régional et de carburant plus cher. Le transport de passagers recule, le fret résiste et le groupe réduit légèrement ses effectifs.
Emirates a terminé son semestre avec un bénéfice net de 1 milliard de dollars, contre 2,9 milliards un an plus tôt. La baisse atteint 66 %. Derrière ce recul, la compagnie de Dubaï pointe la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole. Son aéroport, parmi les plus fréquentés de la planète, a été visé à plusieurs reprises pendant le conflit. Même si un cessez-le-feu a apporté une accalmie, les perturbations du trafic et les avertissements de plusieurs pays sur les voyages dans la zone ont continué de peser.
Le coup est rude pour un modèle bâti sur les correspondances. Les pays du Golfe ont fait de leurs aéroports des carrefours entre les Amériques, l’Europe, l’Asie et l’Océanie. Près d’un voyageur en correspondance sur six dans le monde passait par le Moyen-Orient. Avec la guerre, cette mécanique se grippe. Emirates a transporté 21,8 millions de passagers sur le semestre, soit 22 % de moins qu’un an plus tôt, pour un chiffre d’affaires de 15,5 milliards de dollars.
Le fret offre une bouffée d’air. Ses revenus progressent de 52 %, même si les volumes transportés reculent légèrement. La direction souligne que la demande est restée solide et que le cargo a contribué à maintenir un chiffre d’affaires et une trésorerie satisfaisants. Le groupe a toutefois réduit ses effectifs de 2 %, à 128 237 salariés. Le carburant a doublé de coût sur un an, un poste devenu très lourd dans les comptes.
D’autres activités du groupe encaissent aussi la baisse. Dnata, qui fournit des services à l’aéroport de Dubaï, voit ses profits chuter de 56 % sur un an. Pour rassurer les voyageurs internationaux, Emirates a mis en place une assurance voyage couvrant notamment les frais médicaux, les annulations, les retards, les bagages perdus et les évacuations d’urgence, y compris en cas de conflit. Un signal envoyé aux clients alors que la région reste scrutée.
Le patron du groupe aborde la suite avec un optimisme prudent. Il dit surveiller les coûts et l’évolution géopolitique, tout en s’appuyant sur une trésorerie solide. Un analyste estime que rester rentable malgré la guerre est remarquable et que les fondamentaux des pays du Golfe demeurent solides. Il prévient cependant que plus le conflit dure, plus ses effets peuvent se propager, notamment en Arabie saoudite, où des aéroports sont régulièrement pris pour cible par des groupes pro-iraniens du Yémen.
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