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La BCE prévient que l’inflation se combat aussi avec des budgets sains

Une dirigeante de la Banque centrale européenne rappelle que la lutte contre la hausse des prix exige des comptes publics maîtrisés. Un avertissement qui…

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La BCE prévient que l'inflation se combat aussi avec des budgets sains

Une dirigeante de la Banque centrale européenne rappelle que la lutte contre la hausse des prix exige des comptes publics maîtrisés. Un avertissement qui résonne fort en France, où le budget 2027 vient d’être rejeté par les députés.

Isabel Schnabel n’a pas mâché ses mots. Membre du directoire de la BCE, cette économiste allemande réputée pour sa fermeté face à l’inflation s’exprimait jeudi, à quelques semaines de son départ. Elle quittera en effet Francfort début janvier, direction le Fonds monétaire international, après sept ans passés au sein de l’institution. Son message tient en une idée simple. La banque centrale ne peut pas remplir sa mission principale sans des cadres budgétaires et réglementaires solides de la part des États. Traduction concrète. La politique monétaire, aussi bien calibrée soit-elle, perd de son efficacité si les gouvernements laissent filer leurs déficits.

Le concept qu’elle met en avant porte un nom, la « dominance budgétaire ». Le mécanisme est facile à saisir. Quand l’endettement d’un pays devient trop lourd, la banque centrale hésite à relever ses taux autant qu’elle le voudrait, de peur de renchérir le coût de la dette publique. Elle perd alors une partie de sa liberté de manœuvre, au détriment de la lutte contre la hausse des prix. Or le décor a changé. Pendant des années, les États ont profité d’un financement très bon marché. Avec des taux d’intérêt durablement remontés et une croissance qui patine, l’exercice devient nettement plus inconfortable.

Ce rappel tombe à un moment délicat pour les pays les plus endettés de la zone euro, la France en particulier. La conjoncture morose complique encore le redressement des comptes, et le projet de budget pour 2027 a été rejeté mercredi par les députés. Sans nommer un seul pays, Schnabel a insisté sur la profondeur du changement d’environnement. Un ton mesuré, mais un constat qui ne laisse guère de place à l’optimisme pour les finances publiques les plus fragiles.

Son intervention ne s’arrête pas aux budgets. La banquière centrale plaide aussi pour un renforcement de la compétitivité du continent et pour une réduction de la fragmentation de ses marchés. Une ligne qui recoupe les recommandations formulées ces dernières années par les anciens chefs de gouvernement italiens Mario Draghi et Enrico Letta. Derrière les chiffres, une même intuition. L’Europe ne pourra pas peser durablement si ses économies restent cloisonnées et si ses États dépensent sans garde-fou.

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