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Autonomie corse, le projet s’enlise après le rejet du Sénat

Le Sénat a rejeté le texte sur le statut de la Corse et les autonomistes refusent de céder du terrain. La ministre propose une réunion à Paris mais le…

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Autonomie corse, le projet s'enlise après le rejet du Sénat

Le Sénat a rejeté le texte sur le statut de la Corse et les autonomistes refusent de céder du terrain. La ministre propose une réunion à Paris mais le camp de Gilles Simeoni la boycotte, tandis que la population reste largement indifférente.

La session extraordinaire de l’Assemblée de Corse, ouverte mercredi, n’a pas permis de dégager une réponse commune au rejet du Sénat. Les présidents de groupes se sont retirés en fin de soirée sans accord et les débats reprennent jeudi. La ministre de la Décentralisation, Françoise Gatel, a invité les élus corses à Paris lundi prochain pour évaluer les conditions d’un consensus parlementaire avant une éventuelle seconde lecture à l’Assemblée nationale. Mais Femu a Corsica, le parti de Gilles Simeoni qui détient la majorité absolue à l’Assemblée de Corse, a déjà appelé à ne pas participer à cette réunion. Il demande d’abord au gouvernement de clarifier ses intentions. À six mois de la présidentielle, l’agenda parlementaire est serré et complique encore l’équation.

Au cœur du blocage, l’accord de Beauvau conclu en mars 2024 entre Gérald Darmanin et les élus corses. Gilles Simeoni assure que ce pacte doit permettre d’appliquer l’ensemble des revendications historiques des nationalistes. Cela comprend la reconnaissance du peuple corse, la co-officialité de la langue corse, un statut de résident, ainsi qu’un pouvoir législatif et un pouvoir d’adaptation. Problème, Gérald Darmanin avait publiquement démenti. Il avait affirmé qu’il n’y avait pas de séparation de la Corse avec la République et que l’on n’évoquait ni le peuple, ni le statut de résident, ni la co-officialité de la langue. Gilles Simeoni dit avoir prévenu Gérald Darmanin que sa déclaration n’était pas conforme à l’accord. Ce dernier aurait répondu qu’il ne pouvait pas l’affirmer maintenant, sinon tout le monde leur tomberait dessus. Simeoni attend donc une clarification sur ce que permettra la loi organique censée mettre en œuvre la réforme. Il prévient qu’il ne concédera plus rien sur ce qu’il considère comme essentiel. La droite l’accuse d’avoir fait rêver les Corses avec une autonomie qui avait très peu de chances d’être validée par le Sénat.

Pour entrer en vigueur, la réforme doit être votée dans les mêmes termes par les deux chambres, puis adoptée par le Congrès à la majorité des trois cinquièmes des parlementaires. L’Assemblée nationale a adopté une version amendée en juin. Le Sénat l’a largement modifiée avant de la rejeter le 26 octobre par 181 voix contre 134. Pour le sénateur LR de Corse-du-Sud Jean-Jacques Panunzi, le Parlement n’a pas vocation à ratifier sans discussion un accord négocié ailleurs. Les échanges sont vifs entre politiques insulaires, mais ils mobilisent peu. Un habitant sur deux n’est pas né sur l’île. Marc Maroselli, avocat à Ajaccio, résume que les trois quarts des gens se fichent de l’autonomie, que ce n’est pas ce qui paye le loyer ou le plein d’essence, et qu’ils sont préoccupés par le pouvoir d’achat et l’état de la France. Pierre Marcellesi, avocat et maire sans étiquette de Zoza, s’insurge contre une autonomie devenue postulat. Il dénonce une pensée unique insupportable où celui qui ne signe pas en bas de la page passe pour un traître ou un collabo.

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