Politique
Macron rattrapé par ses propres confidences
Emmanuel Macron a découvert sur le tard que des échanges privés avec une journaliste allaient être rendus publics dans un livre. Ces confidences sur la…

Emmanuel Macron a découvert sur le tard que des échanges privés avec une journaliste allaient être rendus publics dans un livre. Ces confidences sur la dissolution, le Rassemblement national et Gabriel Attal tranchent avec la distance qu’il promettait face à la presse.
Le chef de l’État a appris que ses échanges privés avec une journaliste allaient être publiés dans un ouvrage. La journaliste reconnaît ne pas avoir demandé l’accord du président avant de rendre publique cette correspondance. Son entourage affirme que le livre a été découvert tardivement. Les échanges, étalés dans le temps, mêlent réflexions sur la dissolution, le Rassemblement national et plusieurs figures politiques. Ils contrastent avec l’image d’un président qui disait vouloir tenir la presse à distance.
Emmanuel Macron y défend sa décision de dissoudre l’Assemblée. « Cette dissolution, qui m’a tant coûté à tous égards, a quand même bloqué le RN là. J’en suis sûr », écrit-il. Il assure que le parti lepéniste était prêt pour une autre échéance et qu’il se prépare encore, pendant que d’autres soignent leur ego. Il écrit aussi que « la machine veut du sang. Elle veut le RN ». Quand la journaliste lui demande s’il est inquiet, il répond « Non ! Haut les cœurs ! On les aura ! Tous ! ». Il ajoute que tout mouvement profite au RN, que beaucoup à droite courent vers lui au galop, et qu’il faut baisser la température plutôt que jouer avec les allumettes.
Il revient sur son refus de nommer un Premier ministre de gauche après la dissolution. À la journaliste qui lui suggère cette option, il lance « Vous n’avez pas gagné. C’est le RN qui a gagné ». Il ajoute que nommer n’importe qui ferait tomber un gouvernement rapidement et que les partenaires ne savent pas s’entendre. « Franchement », lâche-t-il. Il épingle aussi Gabriel Attal, Premier ministre sortant qu’il tient à distance. Pour lui, on lui a trop donné, encore et encore.
À l’Élysée, on minimise. Un proche ironise sur le manque de révélations. Il cite la réforme des retraites, le fait qu’Attal ait été gâté, ou encore le basculement possible de personnalités de droite vers le RN. Pour lui, le président reste conforme à ses propos publics. Gabriel Attal a réagi en estimant que tout cela n’intéresse pas les Français. Il ajoute que chacun fait ses commentaires comme il veut, quand il veut, avec qui il veut, y compris avec des journalistes.
Cette publication heurte une promesse qu’Emmanuel Macron avait affichée. Il avait assuré ne pas avoir d’amis journalistes, ne pas faire de connivence ni de confidences. Il voulait se démarquer de François Hollande, dont les confidences à deux journalistes avaient été publiées dans un livre et avaient plongé le gouvernement dans l’embarras. Les réactions politiques restent rares. Aurélien Taché, ancien macroniste passé chez les Insoumis, doute de la surprise présidentielle. Il ne croit pas une seconde que le président ne savait pas ce qu’il faisait. Sabrina Roubache, ministre déléguée et proche du couple présidentiel, parle d’une pratique très bizarre, pire qu’une trahison. Elle estime que seuls les grands naïfs pensent que les offs restent des offs.
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