Monde
Trump noie la déroute électorale dans un chantier de marbre et de lustres
Après une lourde défaite aux élections de mi-mandat, Donald Trump a choisi de parler poutres, marbre et lustres plutôt que de commenter le verdict des…

Après une lourde défaite aux élections de mi-mandat, Donald Trump a choisi de parler poutres, marbre et lustres plutôt que de commenter le verdict des urnes. Une visite de chantier à la Maison Blanche, avec des journalistes convoqués au pied levé, qui en dit long sur sa manière de reprendre la main.
Après les élections de mi-mandat, Donald Trump n’a pas choisi le terrain de l’analyse. Il a préféré retrouver ses grues, ses dorures et son marbre, en conviant des journalistes, sans prévenir, sur le chantier de l’extension monumentale qu’il fait construire à la Maison Blanche. Première sortie publique depuis le scrutin, cette visite était présentée comme un hommage aux ouvriers. Dans les faits, elle a surtout offert au président républicain une échappée dans son décor favori, loin des questions qui fâchent.
Micro en main, il a évoqué les futures parois vitrées capables de résister aux balles, aux drones et même aux « petits missiles ». « C’est épais comme ça », a-t-il lancé en écartant les mains, avant de vanter une « vision parfaite ». Il a aussi parlé des hélicoptères qu’on pourrait poser sur le toit, sans se formaliser de la mauvaise qualité du son. Puis il a tracé son nom sur une poutre massive, avant qu’elle ne soit hissée en haut de l’édifice. Au-dessus de son nom, il a ajouté un « Love! » et invité l’assistance à regarder la poutre monter, tout en répondant par bribes aux questions sur les élections calamiteuses.
Les électeurs venaient pourtant d’infliger une correction historique au président et à son camp, en portant massivement des démocrates à des postes de sénateurs, de gouverneurs ou dans des parlements locaux, jusque dans des fiefs conservateurs comme le Kansas et le Texas. Trump, lui, n’avait guère envie de s’attarder sur la guerre en Iran qui lui coûte le contrôle du Congrès, sur la prochaine présidentielle à laquelle il ne se présentera pas, ni sur une éventuelle procédure de destitution. Il ne l’a fait qu’à contrecœur, en continuant à déambuler sur le chantier.
Le chantier, lui, occupe Trump comme peu de sujets. « Imaginez les lustres partout, imaginez le sol en marbre », a-t-il soufflé aux photographes et aux reporters. Le marbre vient d’une « veine spéciale », et le propriétaire de la carrière ne voulait pas le vendre, assure-t-il, avant de préciser que ce dernier l’aimait bien. Le président revendique un talent inné pour l’architecture et s’est même penché sur l’emplacement des cuisines, pour les réceptions et les dîners de gala.
La salle de bal remplace une aile que le républicain a fait raser. Elle doit être terminée avant qu’il ne quitte le pouvoir, et il la voit comme une manière de rester dans la mémoire des Américains. Le projet est pourtant critiqué, décrit comme le symbole de ses tendances mégalomaniaques et des dérives de son mandat, puisqu’il a été lancé sans consultation et avec un financement très opaque. Trump en a profité pour évoquer son projet suivant, une arche à Washington inspirée de l’Arc de triomphe de Paris, mais « plus grande » et « plus belle ».
Le ministre chargé de l’aménagement du territoire, Doug Burgum, n’a pas voulu contrarier l’ambiance. Sa courte prise de parole a même renforcé l’impression de décalage. Après une sanction électorale qui a dépassé les pronostics les plus optimistes des démocrates, il a commencé par ces mots. « Aujourd’hui est, évidemment, un jour de fête et un jour de gratitude. »
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