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Un logo noir pour démasquer les aliments ultra-transformés

Ils remplissent nos rayons et pèsent lourd dans nos assiettes, sans qu’on sache toujours les reconnaître. Des associations de consommateurs réclament un…

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Un logo noir pour démasquer les aliments ultra-transformés

Ils remplissent nos rayons et pèsent lourd dans nos assiettes, sans qu’on sache toujours les reconnaître. Des associations de consommateurs réclament un repérage clair, là où le Nutri-Score reste muet sur la transformation.

Les alertes se multiplient cette semaine sur les produits ultra-transformés, ces denrées industrielles qui occupent une place démesurée dans les supermarchés. Les chiffres donnent le vertige. Environ 80 % des rayons leur sont consacrés, et ils représentent près de 35 % de l’apport calorique des Français. Autrement dit, une bonne partie de ce que nous avalons au quotidien sort d’une usine avant d’arriver dans nos cuisines.

Le problème, c’est que rien ne permet vraiment de les identifier au premier coup d’œil. Le Nutri-Score, présent sur certains emballages, ne renseigne que sur la valeur nutritionnelle d’un aliment. Il reste facultatif et ne dit rien du degré de transformation. L’exemple des steaks végétaux est parlant. Souvent riches en fibres, pauvres en sucres et en sel, ils décrochent une bonne note tout en étant ultra-transformés et en contenant des additifs. Pour combler ce vide, une piste circule, celle d’une bannière ou d’un logo noir portant la mention « ultra-transformé », apposé autour de l’affichage du Nutri-Score. Une signalétique de ce type améliorerait la compréhension des consommateurs et orienterait leurs achats vers les produits les plus sains, selon l’un des scientifiques à l’origine du Nutri-Score.

Les risques, eux, sont documentés. Une vaste étude scientifique parue en novembre 2025 établit qu’une consommation importante de ces produits augmente de 20 % le risque de surpoids et d’obésité, de 18 % celui de maladies cardio-vasculaires et de 25 % celui de contracter un diabète de type 2. Une autre recherche, publiée en mai dernier par une grande cohorte française de suivi nutritionnel, associe les colorants alimentaires à un risque accru de diabète de type 2 et de cancer, et les conservateurs à l’hypertension et aux maladies cardio-vasculaires.

Le constat est encore plus cru quand on ouvre les emballages. Sur 210 produits du quotidien passés au crible, neuf sur dix sont ultra-transformés. Tous contiennent au moins un additif, chargé de modifier la texture, le goût ou la couleur, ou d’allonger la conservation. S’y ajoutent fréquemment des sucres industriels, des fibres de légumes ou de céréales, et des ingrédients issus de l’extraction d’une molécule d’un produit brut, comme le lactose ou la caséine, ou d’un traitement chimique ou enzymatique.

Face à ce flou, la machine scientifique s’organise. Un collège de vingt scientifiques a été chargé par l’OMS d’établir une liste officielle des marqueurs d’ultra-transformation. Un groupe de conseillers scientifiques mandaté au niveau européen doit également rendre en mars prochain une liste de critères pour définir et caractériser ces aliments. En attendant, la classification Nova, mise au point en 2009 par un épidémiologiste brésilien, permet déjà de trier les produits selon leur degré et la finalité de leur transformation, en quatre niveaux.

Reste un écueil de taille, le marketing. Une application de notation alimentaire et une association de consommateurs dénoncent dans une étude publiée lundi le « additive washing », soit le réflexe de mettre en avant sur son emballage l’absence d’un additif ou d’une famille d’additifs alors que le produit en contient d’autres. La pratique n’a rien d’illégal, mais les deux organisations y voient une façon d’induire le consommateur en erreur sur la composition réelle du produit. Elles citent un riz cantonais industriel qui affiche « sans colorant ni arôme artificiels » tout en renfermant cinq autres additifs. La marque concernée répond que cette mention informe les acheteurs, sans prétendre que le produit est totalement exempt d’additifs.

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