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Le virus West Nile gagne du terrain en France et le moustique commun y est pour beaucoup

Le nombre de cas autochtones continue de grimper dans l’Hexagone, avec 212 personnes infectées cette saison, plus du triple du record précédent. La courbe…

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Le virus West Nile gagne du terrain en France et le moustique commun y est pour beaucoup

Le nombre de cas autochtones continue de grimper dans l’Hexagone, avec 212 personnes infectées cette saison, plus du triple du record précédent. La courbe redescend depuis la rentrée, mais la tendance de fond, elle, ne s’inverse pas.

Onze nouveaux cas autochtones ont été identifiés en une semaine sur le territoire métropolitain, ce qui porte le total à 212 depuis le début de la saison de circulation. Le chiffre peut sembler modeste au regard des millions de piqûres estivales. Il écrase pourtant les compteurs. L’année précédente, déjà considérée comme exceptionnelle, 62 personnes avaient été contaminées sur place. Le virus a donc plus que triplé son emprise en quelques mois.

La grande majorité des infections passent inaperçues ou se résument à un état grippal. Sur les 212 patients recensés, 177 ont tout de même déclaré des symptômes. Et 82 ont développé une forme neuro-invasive, c’est-à-dire une atteinte du système nerveux. Six de ces patients sont décédés, avec une réserve de taille. Les données disponibles à ce stade ne permettent pas de relier ces morts au virus avec certitude. Dans environ 1% des cas, l’infection entraîne des complications neurologiques graves, parfois mortelles, en particulier chez les personnes âgées ou dont les défenses immunitaires sont fragiles. Aucun vaccin destiné à l’humain n’est commercialisé aujourd’hui, et il n’existe pas non plus de traitement préventif.

La dynamique de l’épidémie a connu un pic sur les deux dernières semaines d’août et la première de septembre. Depuis, la circulation reflue. Ce reflux ne doit pas masquer l’essentiel. Longtemps cantonnée à l’arc méditerranéen, la transmission s’étend désormais bien au-delà. Seize départements métropolitains ont enregistré leurs tout premiers cas humains autochtones, de l’Aude au Tarn en passant par les Hauts-de-Seine, la Seine-et-Marne, les Yvelines, la Drôme, le Rhône, l’Isère, l’Ain, l’Allier, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Vendée, la Mayenne, le Loiret et les Deux-Sèvres. En cause, le réchauffement climatique, mais aussi d’autres modifications de l’environnement qui favorisent la prolifération des moustiques vecteurs, notamment le Culex, très répandu sous nos latitudes.

Le phénomène dépasse largement les frontières françaises. Plus de 2 000 cas ont été détectés dans vingt pays européens depuis le début de la saison, l’Italie en tête avec 780 contaminations, devant la Grèce et ses 463 cas. Un épidémiologiste des autorités sanitaires françaises a résumé la situation sans détour, en parlant d’une année hors norme pour le West Nile et d’une hausse marquée dans de nombreux pays du continent. Son pronostic pour la suite reste prudent. L’épidémiologie de ce virus est très imprévisible et très évolutive, rappelle-t-il, ce qui rend toute projection hasardeuse. Une chose paraît néanmoins acquise aux yeux des spécialistes. La tendance des dernières années pointe vers une circulation croissante, et rien n’indique un retournement prochain.

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