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À Paysandú, le pape célèbre le maté et invite les fidèles à bâtir des ponts

Devant quelque 40 000 personnes rassemblées dans un parc de Paysandú, Léon XIV a choisi trois images locales pour parler de la foi. Le maté, les…

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À Paysandú, le pape célèbre le maté et invite les fidèles à bâtir des ponts

Devant quelque 40 000 personnes rassemblées dans un parc de Paysandú, Léon XIV a choisi trois images locales pour parler de la foi. Le maté, les palmeraies et les ponts ont donné le fil rouge de sa première messe en Uruguay, le pays le plus laïc du continent.

Le parc París Londres a fait le plein pour la première messe de Léon XIV en Uruguay. Bruine au petit matin, ciel bas, chaises pliantes et imperméables. Beaucoup serraient aussi un thermos et une calebasse contre eux. La ville s’étire au nord-ouest du pays, face à la cité argentine de Colón, à deux kilomètres de l’autre côté du fleuve Uruguay, dans une zone où poussent des palmeraies naturelles. C’est ce décor que le pape a pris pour point de départ.

Trois symboles du coin, a-t-il expliqué, aident à réfléchir au trésor de la foi. Le pont d’abord, les palmeraies ensuite, le maté enfin. Le pont, pour appeler à « construire des ponts, resserrer les liens, unir, communiquer ». Le pape a aussi demandé aux fidèles de transmettre la foi « aux générations futures avec un courage créatif ». Et il les a mis en garde, les invitant à être « bien préparés à donner les raisons de notre foi à tous ceux qui nous les demandent » sans se laisser emporter par des « doctrines étrangères ».

Le maté a eu droit à un hommage appuyé. Cette infusion si courante dans le pays « nous enseigne le partage et la vie en communauté, à resserrer les liens qui nous unissent et nous rapprochent comme des frères », a lancé Léon XIV. Avant d’y voir « un symbole d’intégration, d’accueil et de valeurs communes ». Le souverain pontife s’est même amusé que la boisson ait franchi les murs du Vatican. « Le maté est même arrivé jusqu’à Rome ! », s’est-il exclamé, ce qui a fait rire l’assemblée.

Le choix de ces images dit beaucoup de l’endroit où il parle. La pratique catholique y est la plus faible de la région. Un sondage de 2026 place à 35 % la part des Uruguayens qui se déclarent catholiques, un niveau qui relègue le pays au dernier rang du classement latino-américain. Le Paraguay, avec 82 %, et le Mexique, avec 69 %, occupent le haut de la liste. Dans un pays où la laïcité tient une place à part, l’appel à transmettre prend un relief particulier.

Dans la foule, certains avaient fait de la route. Adela Giles, 56 ans, a avalé 50 kilomètres avec sa mère de 81 ans pour assister à la messe. « C’est une expérience unique, difficile à expliquer. On ressent quelque chose de magnifique. Et s’il pleut, nous sommes là quand même », raconte-t-elle. Près des barrières, Alicia Arauco espérait apercevoir la papamobile en agitant un drapeau argentin. Venue de Concordia, elle avait dormi sur place. « J’étais venue à Salto lors de la visite de Jean-Paul II, en 1988. J’avais 21 ans. Aujourd’hui, j’ai amené mon fils, qui a lui aussi 21 ans », confie-t-elle.

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