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Des milliers de soldats syriens attendus au Yémen et en Arabie saoudite

Damas s’apprêterait à envoyer des troupes pour épauler Riyad face aux Houthis, une première depuis la reprise des combats cet été. Mais la Syrie dément…

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Des milliers de soldats syriens attendus au Yémen et en Arabie saoudite

Damas s’apprêterait à envoyer des troupes pour épauler Riyad face aux Houthis, une première depuis la reprise des combats cet été. Mais la Syrie dément tout envoi vers le Yémen et parle surtout de formation militaire.

Environ 3 000 combattants syriens pourraient rejoindre le front yéménite, avec un objectif de 10 000 personnels à terme. L’information émane de responsables yéménites, dont une source au sein du Conseil présidentiel, la plus haute instance dirigeante du pays, et un responsable du ministère de la Défense. Des centaines de soldats syriens seraient déjà positionnés de part et d’autre de la frontière entre le Yémen et le royaume saoudien. Des équipes techniques des ministères de la Défense syrien et saoudien se trouvent à Riyad pour finaliser le dispositif, selon ces mêmes sources.

Cette annonce survient trois jours après une visite du président syrien Ahmed al-Chareh à Riyad, où un accord-cadre de coopération a été signé. Une source diplomatique syrienne assure que ce texte porte avant tout sur la formation des forces militaires et le renforcement de leurs capacités. Elle qualifie de « totalement infondées » les informations sur un envoi de troupes au Yémen, sans se prononcer sur un déploiement en Arabie saoudite. Le ministère syrien de la Défense n’a pas donné suite aux sollicitations, et Riyad n’a pas réagi à l’annonce.

Le contexte éclaire l’enjeu. Depuis octobre, les Houthis, soutenus par l’Iran, frappent presque quotidiennement les infrastructures pétrolières et les aéroports saoudiens. Riyad tente de rallier ses alliés. L’appel à l’aide lancé aux États-Unis est resté sans suite. L’Égypte s’est engagée à fournir une aide militaire défensive, sans en préciser les modalités. La France a déployé des effectifs pour protéger le terminal pétrolier de Yanbu, et Londres a annoncé en octobre l’envoi d’avions de combat pour protéger le territoire saoudien. Un tel déploiement syrien serait le premier engagement étranger massif sur ce front depuis la reprise des hostilités en juillet.

L’armée syrienne, reconstruite après la chute de Bachar al-Assad fin 2024, est hétéroclite. Elle rassemble des groupes armés majoritairement islamistes, dont d’anciens jihadistes étrangers aguerris. Les islamistes de Hayat Tahrir al-Sham produisaient leurs propres drones pour leurs opérations. Des combattants syriens issus de ces groupes ont déjà pris part à d’autres conflits à l’étranger, notamment en Libye, au Haut-Karabakh et au Niger.

Reste l’horizon politique et économique. Cet accord militaire avec Riyad pourrait ouvrir la voie à une adhésion de la Syrie au pacte de défense dit de La Mecque, formé en août par l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie. Pour Ahmed al-Chareh, l’objectif est aussi de convaincre les pétromonarchies du Golfe d’investir dans la reconstruction d’un pays ravagé par une guerre civile dévastatrice entamée en 2011. La guerre au Yémen, elle, a éclaté en 2014 avec la prise de Sanaa, avant une intervention de la coalition menée par Riyad en 2015. Une trêve avait été conclue en 2022, mais les combats ont repris cet été, ouvrant un nouveau front au Moyen-Orient.

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