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Un avocat sanctionné pour mensonges électoraux veut piloter les élections en Arizona
En Arizona, le républicain Alexander Kolodin brigue le poste qui supervise les élections. Son passé d’avocat sanctionné pour avoir relayé les accusations…

En Arizona, le républicain Alexander Kolodin brigue le poste qui supervise les élections. Son passé d’avocat sanctionné pour avoir relayé les accusations de fraude de Donald Trump inquiète, y compris d’anciens responsables républicains.
Alexander Kolodin a le costume, le diplôme et l’allure sérieuse. Il a surtout un passé qui fait tiquer. Cet avocat de 40 ans, républicain, est candidat au poste de secrétaire d’État en Arizona, État clé du sud-ouest, une fonction qui organise et surveille les élections, puis qui certifiera le résultat de la présidentielle de 2028. Donald Trump, qui n’a jamais accepté sa défaite de 2020, le présente comme un « guerrier de l’intégrité électorale ». Le même Trump, qui plaisante sur un troisième mandat malgré la Constitution, espère le voir gagner lors des élections de mi-mandat à venir.
Le problème tient à ce que Kolodin a fait après le scrutin présidentiel de 2020. Trump avait perdu l’Arizona de seulement 10 000 voix. L’avocat a participé à l’équipe qui a déposé une plainte de 300 pages censée démontrer une fraude électorale massive. La procédure a été jugée sans fondement. Elle a valu à Kolodin un blâme du barreau et une mise à l’épreuve de 18 mois, avec des cours de déontologie à la clé.
Adrian Fontes, secrétaire d’État sortant et candidat démocrate, ne mâche pas ses mots. Il voit en Kolodin un extrémiste qui n’a rien à faire aux commandes de l’administration électorale. Il redoute même que l’avocat trouve une « explication juridique tortueuse » pour permettre à Donald Trump de briguer un troisième mandat en Arizona. « Ce type est radical à ce point-là », prévient-il. Sollicité plusieurs fois, Kolodin n’a pas répondu aux demandes d’entretien. Lors d’un débat, il a rejeté l’étiquette de complotiste électoral, la jugeant « absurde » et « ridicule », et promis de « rétablir des élections légales, sûres, transparentes et honnêtes ».
Le contexte rend le scrutin plus tendu. Donald Trump prépare déjà les esprits à une éventuelle contestation des résultats des élections de mi-mandat, où il pourrait perdre sa majorité au Congrès. Son administration a tenté sans succès de s’immiscer dans les procédures électorales de plusieurs États, en accusant leurs listes de contenir des étrangers. Le président a aussi promis un million de dollars à ceux qui signaleraient une fraude avérée. Dans ce climat, d’anciens responsables républicains de l’Arizona s’inquiètent ouvertement.
Ken Bennett, ancien secrétaire d’État républicain pendant six ans, craint que Kolodin ne raconte des mensonges sur les élections et n’abîme la confiance des électeurs. Il pointe surtout un référendum que Kolodin met en avant. Le texte, soumis au vote lors du scrutin de mi-mandat, obligerait les électeurs d’Arizona à prouver leur identité pour voter par correspondance. Donald Trump dénonce depuis longtemps cette méthode, sans preuves, comme un nid à fraudes. Pourtant, dans l’État, l’immense majorité des votants présentent déjà une pièce d’identité au moment de s’inscrire. Ensuite, leur bulletin signé est contrôlé par la vérification de leur paraphe.
De nombreux spécialistes jugent le référendum inutile. Ils s’alarment surtout de son flou. Le texte ne dit pas comment les électeurs devront prouver leur identité. Le mode d’emploi serait imaginé plus tard par des responsables locaux, contrôlés par les républicains. « On demande aux électeurs d’Arizona de voter pour quelque chose, sans leur dire exactement ce à quoi ils consentent », résume Bill Gates, ancien élu républicain et spécialiste de l’administration électorale à l’université d’État de l’Arizona. « C’est inquiétant. » Pour lui comme pour Bennett, ce référendum pourrait servir à restreindre fortement l’accès au vote par correspondance, très utilisé en Arizona. Adrian Fontes renchérit. Beaucoup de républicains adorent ce mode de vote et Kolodin veut le supprimer à cause de théories du complot. « C’est dingue. »
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