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Le FBI désigne Pyongyang derrière un piratage record de 6,3 milliards de dollars
Le FBI attribue à la Corée du Nord le vol de 6,3 milliards de dollars subi par Binance. Les enquêteurs américains pointent un groupe de pirates lié aux…

Le FBI attribue à la Corée du Nord le vol de 6,3 milliards de dollars subi par Binance. Les enquêteurs américains pointent un groupe de pirates lié aux services de renseignement nord-coréens, alors que Donald Trump doute encore de cette piste.
Le FBI a formellement accusé la Corée du Nord d’avoir orchestré un vol de plus de 6,3 milliards de dollars en actifs virtuels chez Binance, autour du 29 octobre 2026. L’agence américaine identifie derrière l’opération le groupe de pirates informatiques TraderTraitor. Les fonds dérobés seraient en cours de conversion en Ether, la cryptomonnaie du réseau Ethereum.
Les enquêteurs décrivent un blanchiment en préparation. Les pirates prévoient de passer par des services de finance décentralisée, ou DeFi, et par des échanges instantanés, qui permettent de convertir rapidement une cryptomonnaie en une autre sans intermédiaire traditionnel. La finance décentralisée regroupe des services financiers qui fonctionnent sur la blockchain. Le FBI a rendu publique une liste d’environ 500 adresses Ethereum qu’il rattache aux auteurs et demande aux plateformes de cryptomonnaies, aux services DeFi et aux sociétés d’analyse blockchain de bloquer les transactions liées.
Le montant est quatre fois plus élevé que les 1,5 milliard de dollars siphonnés sur ByBit en février 2025, alors le plus gros vol connu dans les cryptomonnaies. Cette affaire met en lumière la capacité de la Corée du Nord, frappée de lourdes sanctions internationales à cause de ses programmes nucléaire et balistique, à se procurer des revenus de façon illicite.
TraderTraitor est considéré comme faisant partie du groupe Lazarus, lui-même affilié aux services de renseignement nord-coréens. Lazarus s’était fait connaître en 2014 après avoir été accusé d’avoir piraté Sony Pictures Entertainment en représailles au film satirique sur la Corée du Nord « L’Interview qui tue ! ». Une estimation de l’armée américaine datée de 2020 attribuait au Bureau 121, unité nord-coréenne de cyberguerre, 6 000 employés actifs aussi depuis le Bélarus, la Chine, l’Inde, la Malaisie ou la Russie.
Donald Trump, qui vante souvent ses bonnes relations avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a toutefois émis des doutes. Il a affirmé ne pas être inquiet et a ajouté que les États-Unis apprenaient encore, sans savoir si la Corée du Nord était derrière le vol. Binance, qui revendique 335 millions d’utilisateurs et se présente comme le numéro un mondial en volume d’échanges de devises numériques, a suspendu les retraits pour limiter les pertes. Le groupe affirme avoir racheté des actifs équivalents, reconstitué 90 % du montant dérobé et travailler à récupérer les 10 % restants, moins liquides. Il assure aussi qu’aucun client ne sera lésé et que les retraits devaient pouvoir reprendre.
L’affaire intervient aussi alors que des observateurs s’inquiètent des progrès de l’intelligence artificielle. Des modèles toujours plus puissants pourraient, selon eux, fragiliser la cryptographie et les protocoles de sécurité informatique.
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