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Une église du sud de la Jordanie visée pendant des funérailles, neuf morts

Le village de Hammoud pleure ses morts après une attaque contre l’église Saint-Georges, qui a fait neuf victimes et vingt-cinq blessés. Les auteurs des…

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Une église du sud de la Jordanie visée pendant des funérailles, neuf morts

Le village de Hammoud pleure ses morts après une attaque contre l’église Saint-Georges, qui a fait neuf victimes et vingt-cinq blessés. Les auteurs des tirs sont toujours en fuite, et le royaume entier affiche sa solidarité.

Dans l’église Saint-Georges, à Hammoud, les employés nettoient les dernières traces de sang. Aux murs et aux portes, les impacts de balles restent visibles, et plusieurs vitres ont volé en éclats. Depuis l’attaque, les forces de sécurité quadrillent les abords de l’édifice, dans ce village du sud du pays où vivent quelques centaines d’habitants, majoritairement chrétiens.

Les tirs ont éclaté alors que des fidèles assistaient aux obsèques d’une paroissienne. Le père Yohanna Hamati évalue à 170 ou 200 le nombre de personnes présentes. Selon lui, celles qui se trouvaient à l’intérieur n’ont pas compris ce qui arrivait avant que les gens du dehors, poursuivis par les assaillants, ne se précipitent dans le bâtiment. Un médecin présent à ce moment-là, Sayel Al-Khaitan, décrit une attaque « criminelle, obscurantiste, haineuse » et y voit « le style de Daech ».

Le bilan est lourd. Neuf personnes ont été tuées et vingt-cinq blessées. Les funérailles ont débuté sur un terrain face à l’église, où huit des neuf victimes doivent être enterrées. Le ministre de l’Intérieur, Mazen Al-Faraya, a imputé l’attaque à « un groupe d’extrémistes » et assuré que les services de sécurité sont mobilisés sans relâche pour traquer les auteurs, toujours en fuite.

Cette attaque frappe une communauté minoritaire. Les chrétiens représentent environ 3 % des près de 11 millions d’habitants de la Jordanie, à majorité sunnite. Le père Hamati insiste sur un point. Rien de semblable ne s’était jamais produit, ni contre une église ni contre une mosquée, et ces actes ne correspondent pas aux valeurs des Jordaniens. Des responsables religieux et militaires, l’ambassadeur du Vatican et des dignitaires locaux se succèdent d’ailleurs sur place pour présenter leurs condoléances.

La solidarité a vite pris le relais. À Karak, chef-lieu du gouvernorat, où la plupart des blessés ont été transportés, des dizaines de personnes se sont rendues à l’hôpital militaire pour donner leur sang ou manifester leur soutien. Murooj Al-Nuwaysa, militante associative, est venue avec un bouquet et une carte portant ces mots, « notre peine est commune ». Elle rappelle que musulmans et chrétiens partagent ici les mêmes amis, les mêmes collègues et les mêmes moments importants de la vie. Le roi Abdallah II s’est rendu au chevet des blessés et a promis que les responsables rendraient des comptes. Devant l’hôpital, Majed Jaafar, en keffieh rouge et blanc, souligne que les chrétiens sont « nos cousins, nos voisins et nos proches ». Wissam Al-Barqan, habitant du village, va plus loin. Pour lui, les assaillants représentent une menace pour la société tout entière, et pas seulement pour les chrétiens.

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