Monde
Deux piqûres par an contre le VIH pour 40 dollars
Le régulateur américain du médicament a donné son feu vert à une version générique bon marché du lénacapavir, un traitement préventif qui frôle les 100 %…

Le régulateur américain du médicament a donné son feu vert à une version générique bon marché du lénacapavir, un traitement préventif qui frôle les 100 % d’efficacité. Objectif, rendre accessible à 120 pays à revenus modestes ce qui ressemble à un tournant dans la lutte contre le VIH.
Deux injections par an, et le risque de transmission du VIH chute de 99,9 %. C’est la promesse du lénacapavir, dont une version générique vient d’obtenir l’autorisation de l’agence américaine du médicament. Le fabricant indien Dr. Reddy’s a annoncé cette approbation lundi, aussitôt saluée par Unitaid comme une avancée majeure pour la santé mondiale.
Le vrai basculement tient au prix. Quarante dollars par an, dans 120 pays à revenu faible ou intermédiaire, dans le cadre d’un accord conclu en septembre 2025. Les premières doses sont attendues avant la fin de l’année, avec des volumes nettement plus importants en 2027. Jusqu’ici, la prophylaxie pré-exposition, ou PrEP, imposait un comprimé chaque jour aux personnes non infectées mais exposées au virus. Passer à deux piqûres annuelles change tout, surtout là où tenir une prise quotidienne relève de la gageure.
Carmen Pérez-Casas, responsable principale de la stratégie d’Unitaid pour le VIH, mesure le chemin parcouru. Les populations des pays à revenu faible ou intermédiaire ont longtemps attendu dix ans, parfois davantage, avant d’accéder à des médicaments déjà disponibles ailleurs. Avec le lénacapavir, ce délai tombe à un peu plus d’un an. Chez Dr. Reddy’s, Deepak Sapra insiste sur la difficulté de l’exercice, fabriquer à coût abordable un injectable aussi complexe réclame des capacités scientifiques et un savoir-faire industriel solides.
Le lénacapavir a d’abord été mis au point par l’américain Gilead et approuvé en juin 2025, mais son tarif très élevé le rendait hors de portée pour une large partie des pays concernés. Sur le terrain, la distribution a pourtant démarré. Plus de 125 000 personnes dans dix pays africains pionniers ont déjà reçu le traitement de Gilead. Le Kenya a lancé ses premières injections fin février, dans un quartier populaire de Nairobi.
Reste l’essentiel, faire reculer les contaminations. Environ 1,2 million de personnes ont contracté le VIH l’année dernière, alors qu’existe désormais un médicament protégeant presque totalement avec deux injections annuelles. Unitaid affirme travailler avec les gouvernements et ses partenaires pour accompagner le déploiement, en laissant les pays piloter. Le contexte ne facilite rien. L’Onusida alertait dès juin sur les coupes massives dans l’aide internationale, qui pèsent sur le dépistage, l’accès aux traitements préventifs et la distribution de préservatifs.
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