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Portugal, la justice autorise une tente et relance la bataille du logement

Les campements de protestation contre la crise du logement ont été évacués à Lisbonne et à Porto, mais un tribunal vient de donner raison, sur un cas…

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Portugal, la justice autorise une tente et relance la bataille du logement

Les campements de protestation contre la crise du logement ont été évacués à Lisbonne et à Porto, mais un tribunal vient de donner raison, sur un cas précis, à ceux qui les occupent. Le gouvernement refuse d’y voir autre chose qu’une décision individuelle.

La mobilisation pour le droit au logement ne faiblit pas au Portugal. Depuis plusieurs semaines, des militants dressent des tentes à Lisbonne et à Porto pour dénoncer le prix des loyers et la difficulté à se loger. Ces campements ont été démontés à répétition par les forces de l’ordre. Dans la nuit de samedi à dimanche, la police a de nouveau évacué des dizaines de tentes dans les deux villes, chargeant les protestataires à coups de matraque. Treize personnes ont été arrêtées.

C’est dans ce climat que les organisateurs ont annoncé lundi une victoire judiciaire. Le tribunal administratif de Lisbonne, saisi par une personne à titre individuel, l’a autorisée à planter sa tente sur la place du Rossio, en plein cœur de la capitale, et à y passer toute la nuit. Jusqu’ici, les forces de l’ordre s’appuyaient sur un décret interdisant toute manifestation après 00H30 pour justifier les évacuations. Pour les organisateurs, la décision confirme leur position de toujours. L’heure, à elle seule, ne suffit pas à disperser un rassemblement, et une tente est un outil de contestation, pas une activité de camping.

Le ministère de l’Intérieur ne l’entend pas de cette oreille. Il souligne que la décision se cantonne à une situation individuelle et concrète, qu’elle ne dit rien de la légalité des interventions policières et qu’elle ne crée aucun droit général à installer des campements permanents sur l’espace public. Autrement dit, le gouvernement renvoie les militants à leur point de départ, avec une brèche ouverte pour une seule personne et une seule nuit.

Les chiffres de l’intervention de samedi donnent la mesure des tensions. Treize policiers ont été blessés à Porto, selon les forces de l’ordre. Les services d’urgence ont de leur côté compté vingt-cinq manifestants légèrement blessés lors des deux opérations. Des débordements qui pèsent sur le débat, alors que le mouvement s’inspire directement de ce qui se passe en Espagne voisine.

La question est désormais remontée au sommet de l’État. Le président de la République, António José Seguro, réunit lundi après-midi son conseil d’État, une instance consultative qui rassemble les plus hautes personnalités politiques du pays, pour parler de cohésion sociale dans le contexte de ces mobilisations. Le chef de l’État a affiché sa ligne dans la matinée, en refusant de céder à la confrontation. Il ne renoncera ni au dialogue ni au bon sens, a-t-il assuré, avant de rappeler que le droit de manifester est un droit constitutionnel et qu’il constitue un symbole de la liberté et du régime démocratique portugais.

Les militants, eux, ne comptent pas s’arrêter là. Ils prévoient de se retrouver lundi soir place du Rossio pour célébrer la décision du tribunal administratif. Une manière de transformer une victoire juridique étroite en rendez-vous politique, et de rappeler que derrière les tentes, il y a des gens qui n’ont pas d’autre endroit où aller.

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