Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Lagarde prépare son départ de la BCE et veut retrouver la parole libre

Christine Lagarde a annoncé son départ anticipé de la présidence de la BCE pour le 7 février. Elle veut retrouver une liberté de ton, au moment où…

Article

le

Lagarde prépare son départ de la BCE et veut retrouver la parole libre

Christine Lagarde a annoncé son départ anticipé de la présidence de la BCE pour le 7 février. Elle veut retrouver une liberté de ton, au moment où l’institution maintient ses taux et ouvre la porte à une hausse en décembre.

Christine Lagarde a choisi de rendre son tablier à la tête de la Banque centrale européenne le 7 février. L’annonce est tombée à l’issue de la réunion des 27 membres du Conseil des gouverneurs à Francfort. Elle met fin à des mois de spéculation et lance déjà une bataille pour sa succession entre les grandes capitales de la zone euro. Sur le front monétaire, le statu quo l’a emporté. Le taux de dépôt reste à 2,5 %. Deux hausses avaient été décidées plus tôt dans l’année pour freiner les tensions sur les prix nourries par l’énergie et par les troubles au Moyen-Orient.

Le Conseil a discuté d’un éventuel relèvement des taux face à la cherté persistante de l’énergie. Christine Lagarde a expliqué que l’inflation hors énergie restait globalement stable et que l’incertitude ne cessait de grossir. La décision de ne rien changer a été prise à l’unanimité. La BCE préfère avancer avec prudence. Une hausse pourrait toutefois se profiler pour décembre, quand l’institution disposera de nouvelles données et de projections économiques élargies jusqu’en 2029. Si la situation actuelle se confirme, la direction à suivre sera assez claire, a-t-elle estimé.

Les responsables de l’euro doivent aussi tenir compte de la montée des taux d’emprunt. Christine Lagarde a souligné que le problème dépasse la France, pays très endetté où la volonté politique de corriger la trajectoire manque encore. Pour la BCE, cette hausse des rendements fonctionne comme un resserrement monétaire de plus. Elle alourdit le coût du crédit pour les ménages et les entreprises. Les marchés se demandent donc quand l’institution pourrait intervenir, notamment si la tension gagnait d’autres pays de la zone euro. La BCE dispose d’outils pour répondre à des mouvements de marché injustifiés et désordonnés. Elle pourrait activer son Instrument de protection de la transmission, conçu pour acheter massivement des obligations d’État et calmer les marchés. Son usage ne semble pas adapté à la France pour l’instant, car les difficultés liées aux coûts d’emprunt viennent surtout d’un contexte politique et économique.

Christine Lagarde avait affirmé en juin qu’un capitaine ne quitte pas son navire pendant la tempête. Elle défend désormais un départ anticipé, tout en reconnaissant qu’une telle décision n’arrive jamais au bon moment. Tenue à la neutralité comme banquière centrale, elle veut retrouver la liberté de parler, de s’exprimer et de s’engager sur des sujets qui sortent de la politique monétaire. Elle dit s’intéresser à la vérité et constater qu’elle est souvent abîmée, contredite ou déformée. Son départ en février permettra aussi au président français Emmanuel Macron, qui doit quitter l’Élysée au printemps 2027, de peser sur le choix de son successeur. Plusieurs noms circulent depuis des mois, dont l’ancien gouverneur de la banque centrale néerlandaise Klaas Knot et Pablo Hernández de Cos, responsable à la Banque des règlements internationaux. La nomination doit être bouclée d’ici la fin de l’année.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus