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Israël, Eisenkot prend l’avantage face à Netanyahu

Gadi Eisenkot semble désormais le mieux placé pour former le prochain gouvernement israélien. Le refus d’un soutien ultra-orthodoxe clé affaiblit Benjamin…

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Israël, Eisenkot prend l'avantage face à Netanyahu

Gadi Eisenkot semble désormais le mieux placé pour former le prochain gouvernement israélien. Le refus d’un soutien ultra-orthodoxe clé affaiblit Benjamin Netanyahu, mais bâtir une majorité reste un casse-tête.

Après des législatives sans majorité claire, Israël entre dans une phase de tractations politiques. Le président Isaac Herzog consulte les partis pour désigner la personne la mieux à même de réunir une majorité autour de son projet. Le choix se porte généralement sur celle qui recueille le plus de recommandations. Un signal fort vient de tomber. Le Judaïsme unifié de la Torah, formation ultra-orthodoxe alliée de Benjamin Netanyahu depuis des décennies, refuse de le recommander et préfère s’abstenir. En cause, la question sensible de la conscription des étudiants religieux, à laquelle les partis ultra-orthodoxes sont farouchement opposés. Ce refus affaiblit le Premier ministre sortant.

Le centriste Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et rival de Netanyahu, profite de ce mouvement. Il dirige un large bloc d’opposition et vient d’obtenir le soutien de Raam, liste à majorité arabe israélienne. Mansour Abbas, son chef, a expliqué vouloir aider à écarter Benjamin Netanyahu du pouvoir et soutenir les efforts d’Eisenkot pour former un gouvernement. Les chiffres dessinent un rapport de force serré. Il faut 61 députés pour disposer d’une majorité à la Knesset. Le camp Netanyahu a obtenu 53 sièges, contre 48 pour le bloc Eisenkot. Avec l’abstention du Judaïsme unifié de la Torah, les soutiens attendus pour Netanyahu tombent à 46, tandis qu’Eisenkot peut compter sur au moins 56 recommandations. La Liste unifiée, forte de 11 sièges, n’a pas encore tranché, même si elle a plusieurs fois proposé de travailler avec le bloc anti-Netanyahu.

Le candidat désigné disposera de 28 jours pour bâtir une majorité, avec une possible prolongation de 14 jours. En cas d’échec, une autre personnalité sera appelée. Si l’impasse persiste, de nouvelles élections seront organisées. Le président doit boucler ses consultations, sans exclure de les prolonger.

Sur le papier, le camp anti-Netanyahu part favori. Dans les faits, la route est étroite. Plusieurs de ses dirigeants refusent toute alliance avec les partis arabes. Dans une société encore marquée par l’attaque du 7 octobre, tendre la main aux Arabes israéliens, qui représentent environ 20 % de la population, peut braquer une partie de l’électorat juif. Eisenkot devra donc trouver une majorité sans faire éclater son bloc. Une option consisterait à bâtir un gouvernement de minorité soutenu indirectement par des formations arabes à la Knesset. Mais Avigdor Liberman, pilier du bloc d’opposition, rejette même cette piste.

Benjamin Netanyahu joue sur ces hésitations. Il attaque régulièrement les partis arabes, les présentant comme des soutiens du terrorisme et des partisans d’une islamisation d’Israël. Il a aussi relayé des accusations de fraude électorale massive, évoquant des achats de voix financés par de l’argent qatari. Les autorités électorales ont nié toute atteinte capable de modifier le résultat. L’opposition l’accuse de discréditer le scrutin pour se maintenir au pouvoir. Pendant ce temps, Isaac Herzog travaille en coulisses à une union nationale réunissant les partis juifs sionistes, ce qui exclut les formations arabes et ultra-orthodoxes. Plusieurs opposants conditionnent une telle union à un retrait de Netanyahu. Ce dernier se dit prêt à une large coalition avec l’opposition, à condition de la diriger.

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