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Avec du vent et des débris ces Gazaouis rallument la lumière

Dans un camp de déplacés du sud de la bande de Gaza, un ingénieur de 60 ans fabrique des éoliennes avec des restes de scooters et de vieux réservoirs…

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Avec du vent et des débris ces Gazaouis rallument la lumière

Dans un camp de déplacés du sud de la bande de Gaza, un ingénieur de 60 ans fabrique des éoliennes avec des restes de scooters et de vieux réservoirs d’eau. Quelques watts qui suffisent à recharger un téléphone, à faire tourner un ventilateur ou à alimenter un appareil médical au milieu de la nuit.

Au-dessus des tentes grises du camp de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza ravagée par la guerre déclenchée en riposte à l’attaque du 7 octobre 2023, des hélices de fortune tournent au gré du vent. Elles sont taillées dans de vieux réservoirs, montées sur des moteurs de deux-roues récupérés, et produisent quelques watts. Pas de quoi éclairer un quartier. Assez, pourtant, pour ranimer un ventilateur, une tondeuse à cheveux ou un chargeur de téléphone. Dans ce camp où s’entassent les familles déplacées, ce petit courant tient lieu de normalité.

Kamal Al-Dabary, 60 ans, a étudié l’ingénierie. Déplacé, il a installé son atelier à même le sol, sur une table encombrée de fils dénudés, de pièces métalliques et d’outils. Il torsade les câbles, vérifie les branchements au multimètre. Une petite ampoule s’allume, puis une deuxième. Sa famille et lui misaient d’abord sur le solaire. « Quand les panneaux étaient encore relativement abordables, nous en avons acheté un et nous le déplacions sans cesse pour suivre le soleil », raconte-t-il. Sauf que les prix ont grimpé jusqu’à 15 000 shekels, plus de 4 000 euros, pour un seul panneau. Devenu hors de portée.

L’argent manque, aussi. « Nous n’avons plus ni travail ni revenus depuis trois ans », lâche l’ingénieur. L’idée de l’éolienne s’est alors imposée, avec une question simple. Pourquoi ne pas exploiter le vent ? Restait à trouver la matière première, et elle se trouvait sous leurs yeux, dans les décombres.

Les machines sont assemblées avec des moteurs de scooters et des réservoirs d’eau découpés en pales. Le vent fait tourner les pales, le moteur produit du courant, qui traverse un petit montage électrique bâti avec des pièces arrachées à des maisons détruites avant d’être stocké dans des batteries. Le résultat n’a rien de spectaculaire. Il permet quand même de recharger des téléphones, d’allumer des lampes, de faire tourner des ventilateurs ou des tondeuses à cheveux.

Pour Saleh ben Hassan, 50 ans, ce bricolage « a changé la donne ». Dans la bande de Gaza, l’accès aux soins et aux médicaments reste extrêmement difficile. L’électricité devient alors vitale, dès qu’un appareil doit fonctionner. « Si un enfant a besoin d’un traitement par nébuliseur au milieu de la nuit, vers qui d’autre peut-on se tourner ? Il faut de l’électricité. Nous nous tournons donc vers notre frère qui nous aide à faire fonctionner » les appareils, explique-t-il.

Kamal Al-Dabary, lui, voit plus loin que les watts. Ces éoliennes « nous aident à tenir le coup jusqu’à ce que Dieu nous libère de cette épreuve et que nous puissions rentrer chez nous », espère-t-il. La production reste modeste. Mais dans un camp où les pénuries s’accumulent, chaque watt compte.

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