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Des centaines de milliers dans la rue pour faire bouger le Smic

Les syndicats ont réuni des centaines de milliers de personnes hors Paris pour réclamer une hausse du Smic. Le gouvernement évoque une annonce imminente…

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Des centaines de milliers dans la rue pour faire bouger le Smic

Les syndicats ont réuni des centaines de milliers de personnes hors Paris pour réclamer une hausse du Smic. Le gouvernement évoque une annonce imminente, tandis que la journée est marquée par des blocages, des tensions et des contestations sur la liberté de manifester.

La mobilisation pour les salaires a pris une ampleur notable. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté hors Paris, à l’appel de la quasi-totalité des syndicats et avec le soutien des organisations de jeunesse. Les comptages divergent fortement. Plus de 250 000 manifestants sont annoncés dans 73 cortèges d’un côté, 270 000 dans 180 cortèges de l’autre, avec des défilés qui se sont déroulés globalement bien hors Paris. Cette pression met le gouvernement face à l’exigence d’une hausse importante du Smic.

À Paris, le cortège s’est élancé de la place de la République après une minute de silence pour les victimes de l’attentat raciste dans les Yvelines. Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier y ont pris place. Sophie Binet, à la tête de la CGT, veut aller au-delà d’une simple victoire. La question n’est pas de savoir si les syndicats vont gagner, mais combien ils vont obtenir, affirme-t-elle en réclamant 10 % d’augmentation du Smic. Marylise Léon, pour la CFDT, se félicite de très bonnes remontées et demande un coup de pouce de 100 euros. Elle réclame des réponses concrètes au gouvernement comme employeur et aux entreprises comme aux organisations patronales, pour aider les Français à boucler les fins de mois. Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, a évoqué une annonce probable d’une mesure sur le Smic.

Les témoignages traduisent une lassitude et un espoir mêlés. À Bayonne, Raphaël, agriculteur de 50 ans venu avec ses enfants, juge la mobilisation stérile et déplore que l’on ne voie que les casseurs et les poubelles qui brûlent. À Marseille, Léa, 31 ans, assistante sociale, dit en avoir ras-le-bol de compter son argent. Ce mouvement social lui donne espoir. À Lyon, les comptages vont de 30 500 à 55 000 manifestants, au-delà des mobilisations contre la réforme des retraites. Des tensions ont éclaté en tête de cortège. Un photographe portant un brassard presse a reçu cinq coups de matraque lors d’une charge de CRS.

Le mouvement rassemble aussi lycéens, étudiants, gilets jaunes, qui ont relancé les protestations contre la vie chère, et agriculteurs de la Confédération paysanne. Des tentatives de blocage ont eu lieu à Strasbourg, Marseille ou Bordeaux. Dans l’éducation, près d’un millier de lycées sont bloqués ou fermés administrativement, alors que le gouvernement n’en compte que 81 sur 3 700. Près de 16 % des enseignants sont en grève. Dans l’enseignement supérieur, un tiers des établissements sont perturbés et l’Union étudiante affirme que 90 % des quelque 70 universités sont mobilisées, bloquées ou fermées. À Paris, des dizaines de lycéens se sont massés rue de Rivoli face à un important dispositif policier. Catherine, 61 ans, professeure d’histoire-géo, est venue avec une dizaine de professeurs pour veiller à leur sécurité.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé 70 000 policiers et gendarmes et promis une réponse d’une extrême fermeté. Après une série de manifestations marquées par des violences et des affrontements avec les forces de l’ordre, des protestations visent aussi les atteintes alléguées à la liberté de manifester. Plusieurs villes ont interdit de défiler dans certaines parties de leur centre, notamment Toulouse, Bordeaux, Lyon et Strasbourg. À Paris, les organisateurs ont obtenu le centre après un bras de fer avec la préfecture. Les transports ont été globalement peu perturbés, même si aucun bus ne circulait à Angoulême. À la gare Montparnasse, Jeanne, psychologue, a attendu longtemps avant de rejoindre Tours. Elle trouve l’attente pénible mais estime normal qu’il y ait grève. Les touristes venus pour la Tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe ont trouvé les deux monuments fermés.

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