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Trump perd le Congrès et son propre camp commence à décrocher
Les démocrates raflent les deux chambres et s’installent en force au Capitole, au terme d’un scrutin qui restera comme un désaveu d’une ampleur rare pour…

Les démocrates raflent les deux chambres et s’installent en force au Capitole, au terme d’un scrutin qui restera comme un désaveu d’une ampleur rare pour un président américain. Trump encaisse le verdict sans en porter la responsabilité, alors que plusieurs figures républicaines prennent publiquement leurs distances.
Deux jours après le vote, le verdict est net. Les démocrates ont décroché la majorité dans les deux chambres du Congrès et progressent dans les parlements locaux, un basculement qu’on n’avait pas vu depuis le départ de Richard Nixon en hélicoptère, en 1974. Au Sénat, sept sièges républicains au moins ont changé de camp, dont le Texas. Et le décompte n’est pas terminé en Alaska ni dans le Mississippi, deux Etats que la droite considérait comme intouchables.
Rien ne bascule avant le 3 janvier, quand les 350 millions d’Américains découvriront leur nouveau Congrès. Mais l’arithmétique change déjà tout. Le Sénat aura les moyens de bloquer les nominations fédérales du président. Et à la Chambre des représentants, l’Afro-américain Hakeem Jeffries devrait s’asseoir dans le fauteuil de speaker avec une majorité confortable.
Sa feuille de route tient en une priorité affichée, le coût de la vie. Dans une lettre envoyée à ses pairs élus, il demande à sa troupe de faire tout son possible pour le faire reculer de façon significative. Cinq dossiers sont sur la table, à commencer par le logement, la santé, le panier alimentaire, le prix des carburants et l’aide aux personnes dépendantes. L’inflation reste la clé de lecture de la déroute républicaine.
Autre chantier de taille, reprendre la main face à un pouvoir exécutif jugé hors de contrôle. Les démocrates comptent s’appuyer sur les commissions d’enquête parlementaires. « Nous allons faire rendre des comptes aux escrocs », promet le futur speaker, qui dénonce « la corruption massive » attribuée au « cartel Trump ».
Côté Donald Trump, le silence domine. Le président a dit accepter le résultat sans en endosser la moindre part, et son apparition de la veille, sur le chantier de la future salle de bal de la Maison Blanche, a donné l’image d’un homme à côté de la plaque. Aucun événement public n’est prévu pour lui. C’est son épouse Melania qui se retrouvera face aux médias, en recevant à Washington des représentants russes et ukrainiens, à quelques jours de pourparlers à Abou Dhabi menés sous médiation américaine pour tenter de sortir du conflit ukrainien.
Le camp républicain, lui, ne mâche plus ses mots. Le gouverneur de Floride Ron DeSantis évoque « une extinction pour les républicains dans de nombreuses régions du pays, inédite depuis un siècle ». Le vice-président JD Vance va plus loin et désigne publiquement la guerre en Iran comme « la raison » de la débâcle. Deux façons de dire que le porte-drapeau du parti ne fait plus l’unanimité.
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