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Joshua Wong, dix ans de prison de plus pour le visage du combat démocratique de Hong Kong

Déjà détenu depuis près de six ans, le militant de 30 ans a écopé jeudi de dix années supplémentaires pour collusion avec l’étranger. Il pourrait rester…

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Joshua Wong, dix ans de prison de plus pour le visage du combat démocratique de Hong Kong

Déjà détenu depuis près de six ans, le militant de 30 ans a écopé jeudi de dix années supplémentaires pour collusion avec l’étranger. Il pourrait rester derrière les barreaux jusqu’à ses 40 ans.

Joshua Wong ne sortira pas en janvier. Jeudi, la justice de Hong Kong a ajouté dix ans à la peine de ce militant prodémocratie de 30 ans, condamné pour collusion avec l’étranger en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020. Il avait plaidé coupable en septembre. Sa libération était pourtant attendue au début de l’année, au terme de près de cinq années de détention pour subversion. Le voilà désormais susceptible de rester enfermé jusqu’à ses 40 ans.

Du côté des organisations de défense des droits humains, la lecture est toute autre. Ces nouvelles poursuites servaient, selon elles, à le maintenir durablement à l’ombre des barreaux. Un aller-retour carcéral de plus pour celui qui a passé près de six des trente dernières années derrière les murs d’une prison.

Son engagement ne date pas d’hier. Né en 1996, un an avant la rétrocession de l’ancienne colonie britannique à la Chine, dans une famille chrétienne de la classe moyenne, il descend dans la rue dès 13 ans contre un projet de train à grande vitesse reliant Hong Kong au continent. Deux ans plus tard, il mène campagne contre un programme scolaire jugé prochinois, et gagne. Sa mobilisation rassemble 120 000 personnes et bloque le Parlement de la place financière pendant dix jours. De là naît une méthode largement copiée ensuite, fondée sur la désobéissance civile non violente. Grèves, boycotts, occupation de rues.

En 2014, il devient l’une des voix du Mouvement des parapluies, aux côtés de Nathan Law et Alex Chow, haranguant la foule pour tenir tête au pouvoir. Deux ans plus tard, il cofonde Demosisto, un parti qui défend l’autodétermination de Hong Kong. Puis viennent les manifestations prodémocratie de 2019, parfois violentes, et les rencontres avec des responsables politiques à Taïwan, en Allemagne et aux États-Unis. Un documentaire Netflix sorti en 2017, « Joshua, adolescent contre superpuissance », avait déjà fait de lui une figure connue bien au-delà du territoire.

La loi sur la sécurité nationale de 2020 change la donne. Elle fait quasiment disparaître la société civile et l’opposition politique, au point que beaucoup d’opposants choisissent l’exil. Lui reste. « Je savais que j’allais devoir payer ce prix pour la ville que j’aime », écrit-il en juin 2019 dans une tribune pour le magazine Time, rédigée depuis sa cellule. Un an plus tard, sur Facebook, il promet de continuer à défendre sa terre « jusqu’à ce qu’ils me réduisent au silence et m’éliminent ». Le jour même, Demosisto est dissous.

Derrière les barreaux, il n’a pas cessé de s’occuper. Son avocat Derek Chan raconte des centaines de livres dévorés, et l’espoir, à la sortie, de pouvoir s’occuper de ses parents. Louis Lee, ancien membre du groupe étudiant qu’il avait cofondé, lui rend visite régulièrement et le décrit toujours « plein d’énergie », entre sport, guitare et cours universitaires. Dans une lettre de 2024, Joshua Wong dit combattre la peur par davantage d’amour, « l’amour entre compagnons, l’amour pour une communauté, et l’amour pour une ville tout entière ». Après l’annonce de sa peine, il a remercié ses soutiens et leur a adressé un signe de la main. « Nous t’attendrons à ta sortie », lui ont-ils répondu.

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