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Économie

Un millésime 2026 moins sombre que redouté, sauf dans le nord de la France

La récolte atteindrait 36,7 millions d’hectolitres, un peu mieux que la très faible année 2025 grâce aux vignobles du Sud. Le Nord, lui, continue de payer…

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Un millésime 2026 moins sombre que redouté, sauf dans le nord de la France

La récolte atteindrait 36,7 millions d’hectolitres, un peu mieux que la très faible année 2025 grâce aux vignobles du Sud. Le Nord, lui, continue de payer une sécheresse et des canicules à répétition.

Le vignoble français ne descendra pas aussi bas qu’on le craignait. Les dernières prévisions tablent sur 36,7 millions d’hectolitres pour la récolte 2026, un chiffre relevé par rapport aux évaluations du mois précédent. Cela représente 3% de plus qu’en 2025, l’année la plus maigre enregistrée depuis 1957. Le rattrapage reste pourtant modeste, puisque la production accuse encore un retard de 10% sur la moyenne des cinq dernières campagnes.

Derrière ce chiffre global se cachent deux France viticoles que tout oppose. Le nord a souffert. La sécheresse, puis une succession de canicules cet été, ont lourdement pesé sur les rendements. En Bourgogne et dans le Beaujolais, la récolte chute de 22% sur un an, et le pinot noir bourguignon perd plus de la moitié de son volume. L’Alsace recule de 6% par rapport à une année 2025 déjà faible. La Champagne a été revue à la hausse, mais reste 38% sous son niveau de l’an dernier et 36% sous sa moyenne quinquennale.

Au sud, l’ambiance est tout autre. Le Languedoc-Roussillon progresse d’un quart malgré la réduction des surfaces plantées, et se situe même 6% au-dessus de sa moyenne des cinq ans. Le Bordelais gagne 10%, le Sud-Ouest 15%, le Sud-Est 7%. Des augmentations à remettre dans leur contexte, car elles succèdent à des récoltes particulièrement basses.

Ces écarts s’expliquent d’abord par la météo. Après trois années de sécheresse, la moitié sud du pays a bénéficié de pluies en fin d’été et pouvait compter sur des réserves d’eau constituées durant l’hiver et le printemps. « C’est une année qui fait du bien, qui redonne le moral », confie le vigneron languedocien Gérard Bertrand. Il pointe un détail décisif, des températures chaudes mais jamais extrêmes. La vigne encaisse 35 ou 38 degrés. Au-delà de 40, elle décroche, et ce seuil n’a pas été atteint dans le sud.

Les pratiques ont aussi évolué. Maintien du feuillage pour protéger les grappes, gestion de l’enherbement, irrigation maîtrisée. « Les régions du Sud ont mis en place des adaptations dans les techniques culturales », résume le vigneron héraultais Jérôme Despey, qui parle d’un contraste criant entre les bassins.

Reste une tendance de fond nettement moins réjouissante. La production française s’effrite d’année en année, entre aléas climatiques et crise profonde du secteur. Le pouvoir d’achat en berne, un intérêt qui s’émousse pour le vin rouge, des tensions douanières avec la Chine et les États-Unis pèsent sur les débouchés. Le pays, désormais deuxième producteur mondial derrière l’Italie, voit également son vignoble rétrécir. Trois plans d’arrachage financés par l’État se sont succédé pour contenir la surproduction et soutenir les prix. Le dernier en cours porte sur 27 000 hectares et devrait ramener la surface à 740 000 hectares, contre près de 800 000 il y a cinq ans.

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