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À Macao, une figure de la contestation écope de douze ans et demi de prison

Au Kam San, visage historique de la cause démocratique à Macao, a été condamné à douze ans et six mois de prison pour subversion et d’autres chefs…

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À Macao, une figure de la contestation écope de douze ans et demi de prison

Au Kam San, visage historique de la cause démocratique à Macao, a été condamné à douze ans et six mois de prison pour subversion et d’autres chefs d’accusation. Il devient la première personne frappée par les lois de sécurité nationale dans cette région administrative spéciale chinoise.

Au Kam San, 69 ans, ancien député et enseignant, a été condamné à douze ans et six mois de prison par un tribunal de Macao. Les juges retiennent plusieurs infractions, dont la subversion contre le pouvoir politique de l’État. C’est la première condamnation prononcée dans cette région administrative spéciale chinoise sur le fondement des lois de sécurité nationale, un cadre comparable à celui de Hong Kong. L’homme a longtemps incarné le camp prodémocratie dans l’ancienne colonie portugaise, revenue à la Chine en 1999.

Son arrestation avait visé un militant accusé par les autorités d’entretenir des liens avec des groupes étrangers présentés comme dangereux pour la Chine. Le procès a duré trois jours et s’est tenu à huis clos. Le tribunal lui reproche d’avoir aidé des organisations étrangères hostiles à rassembler, préparer et diffuser publiquement des images et des informations porteuses de revendications politiques jugées subversives envers l’autorité politique de l’État. Il lui est aussi reproché d’avoir cherché à inciter les habitants de Macao à la haine du gouvernement, avec l’intention de renverser et de porter atteinte au système fondamental de l’État.

La condamnation s’appuie sur une loi de sécurité nationale adoptée en 2009, qui punit la trahison, la sécession et la subversion contre le pouvoir central. Le texte a été élargi en 2023 pour prévenir les ingérences étrangères. Macao conserve son propre système juridique, largement inspiré du droit portugais, tout en ayant adopté ce cadre de sécurité nationale. L’Union européenne avait condamné son arrestation et exprimé des inquiétudes sur l’érosion du pluralisme politique dans le territoire.

Derrière la décision judiciaire, il y a une famille tenue à distance. Son épouse et leurs trois filles n’ont pas pu le voir ni lui parler pendant des mois, à l’exception d’un appel de moins d’une minute le lendemain de son arrestation. Sa fille Cherry a raconté que son père avait consacré plus de trente ans au service des habitants de Macao et que, longtemps après, les siens restaient sans moyen de communiquer avec lui. Elle a réclamé un procès équitable.

Enseignant entré en politique après la répression de 1989 en Chine, Au Kam San a été conseiller municipal avant d’être élu cinq fois au Parlement de Macao entre 2001 et 2021. Depuis les années 1990, il a contribué à organiser des veillées en mémoire des victimes de la répression sur la place Tiananmen. Macao et Hong Kong ont longtemps été les seuls endroits en Chine où ces commémorations publiques pouvaient se tenir.

À Macao, il était perçu comme quelqu’un qui n’avait pas peur de s’opposer aux détenteurs du pouvoir. Il a notamment dénoncé la corruption dans cette île aux casinos gigantesques. L’intéressé reconnaissait lui-même que son combat avait produit peu d’effets tangibles. Il disait croire au fait de semer des graines et de leur donner une chance de pousser, ajoutant que même pendant un hiver rigoureux, un changement d’environnement extérieur pourrait permettre à ces graines de germer à Macao et d’ouvrir une nouvelle voie vers la démocratie.

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