Europe
Une aide humanitaire bombardée, la paix recule encore en Ukraine
Une distribution d’aide humanitaire a été frappée dans le sud-est de l’Ukraine, faisant au moins 29 morts. Volodymyr Zelensky y voit la preuve que la…

Une distribution d’aide humanitaire a été frappée dans le sud-est de l’Ukraine, faisant au moins 29 morts. Volodymyr Zelensky y voit la preuve que la Russie ne cherche ni désescalade ni justice, alors que des discussions sous médiation américaine sont annoncées à Abou Dhabi.
Le bilan d’une frappe russe sur un point de distribution d’aide humanitaire à Komyshuvakha, dans la région de Zaporijjia, s’est alourdi à au moins 29 morts. Volodymyr Zelensky a décrit une attaque en deux temps. Les bombes aériennes sont tombées au moment où les habitants venaient chercher l’aide, puis une seconde salve a visé l’abri où des personnes s’étaient réfugiées. Le chef de l’administration militaire locale, Mykhaïlo Semikine, évoque au moins neuf bombes guidées FAB-3000, des engins de trois tonnes.
Pour le président ukrainien, ce drame anéantit « tout espoir de progrès vers la paix ». Il y voit la marque d’un pays qui ne veut ni désescalade ni véritable justice. À Kherson, un hôpital a été touché, avec 46 blessés et 200 patients évacués, et des installations énergétiques ont été endommagées dans plusieurs régions. Les bombardements ont repris après une trêve locale rare, négociée pour évacuer Olechky, ville occupée. Cette pause avait pris fin sans incident, mais Kiev affirme que Moscou a refusé de la prolonger. Un militaire local anonyme redoute « l’enfer, encore pire qu’avant ». Un officier assure que les forces russes ont profité du calme pour masser des troupes et des munitions de l’autre côté du Dniepr et recueillir des renseignements. Le Kremlin répond que ce type de regroupement est courant et que l’armée ukrainienne a fait de même.
Sur le front diplomatique, l’émissaire américain Steve Witkoff a annoncé des « négociations de travail » entre la Russie et l’Ukraine les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi, sous médiation des États-Unis. Les échanges doivent porter sur les garanties de sécurité d’après-guerre, la désescalade, l’aide humanitaire et la suite du chemin vers la paix. La précédente rencontre de ce genre, à Genève, n’avait débouché sur rien de concret, la Russie restant sur des positions maximalistes. L’attaque de Komyshuvakha rend l’exercice encore plus incertain.
Les alliés de Kiev ne restent pas les bras croisés. La Force multinationale pour l’Ukraine prévoit un exercice grandeur nature en Pologne du 9 au 22 novembre. Environ 2 800 militaires de dix pays y testeront leur capacité à se déployer et à opérer ensemble, sous la conduite de la France et du Royaume-Uni.
En Russie, le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a affirmé que 493 drones ukrainiens avaient été neutralisés alors qu’ils volaient vers la capitale. Une frappe a touché une raffinerie à Iaroslavl, au nord-est de Moscou, a rapporté le gouverneur local Mikhaïl Ievraiev.
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