Monde
États-Unis, un mi-mandat qui peut tout changer pour Donald Trump
Près de 58 millions d’Américains ont déjà glissé leur bulletin dans l’urne, du jamais-vu pour ce type de scrutin. Ce mardi, le pays décide si le président…

Près de 58 millions d’Américains ont déjà glissé leur bulletin dans l’urne, du jamais-vu pour ce type de scrutin. Ce mardi, le pays décide si le président garde la main sur le Congrès ou si les démocrates lui imposent deux ans de cohabitation forcée.
Les premiers bureaux de vote ouvrent leurs portes à 6 heures du matin, heure locale, dans une bonne partie des États de la côte est, soit 11 heures GMT. Le reste du pays suivra au fil de la journée. Ce rendez-vous électoral n’a rien d’anecdotique. Il pèse directement sur les deux dernières années du mandat de Donald Trump, et sur sa capacité à faire passer la moindre loi.
La mobilisation en amont donne le vertige. Environ 58 millions d’électeurs ont voté par anticipation, un niveau jamais atteint pour des élections de mi-mandat. Ce chiffre dit à lui seul le niveau de tension et d’intérêt autour du scrutin. Il raconte aussi une campagne qui s’est jouée très tôt, bien avant les derniers meetings.
Côté démocrate, l’espoir d’une vague bleue reste intact, et certains parlent même de raz-de-marée. Les enquêtes d’opinion les donnent favoris pour la Chambre des représentants, intégralement renouvelée ce mardi. Leur avance s’étend aussi au Sénat, du Maine à l’Alaska, en passant par l’Ohio et le Kansas, selon les derniers sondages. Une configuration qui semblait inimaginable il y a encore un an.
Le contexte a changé la donne. Depuis, Donald Trump a lancé une guerre contre l’Iran, n’a pas réussi à faire reculer le coût de la vie, et se retrouve attaqué par l’opposition sur son enrichissement personnel depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. Lundi, dans son dernier discours de campagne à Washington, il a assuré avoir « tenu plus de promesses que je n’en ai fait ». Le milliardaire de 80 ans a surtout déroulé, dans une allocution décousue, ses grands projets pour la capitale, bien loin des préoccupations du lendemain.
La réponse de l’opposition n’a pas traîné. Chuck Schumer, chef de file des démocrates au Sénat, a jugé ce discours « pathétique » et y a vu la preuve d’un président coupé du quotidien des Américains. L’histoire électorale américaine joue plutôt en leur faveur. Le parti qui occupe la Maison Blanche perd presque toujours du terrain au Congrès lors des mi-mandat, scrutins souvent lus comme un référendum sur le locataire de l’Exécutif.
Ce qui se joue concrètement est très matériel. Le contrôle de la Chambre donnerait aux démocrates un vrai levier sur le budget fédéral et la possibilité d’ouvrir des enquêtes parlementaires, notamment sur les accusations de corruption visant Donald Trump et ses proches. Une majorité démocrate au Sénat pourrait, elle, bloquer les nominations présidentielles, en particulier en cas de siège vacant à la Cour suprême.
Malgré les pronostics favorables, la prudence reste de mise dans le camp démocrate, échaudé par des précédents où la base trumpiste s’est mobilisée bien plus fort que prévu. Jusqu’aux dernières heures, le mot d’ordre était donc au porte-à-porte. En banlieue d’Atlanta, Jane Callum, enseignante à la retraite de 77 ans, faisait du démarchage pour le sénateur Jon Ossoff, candidat à sa réélection en Géorgie. « Je sens véritablement une obligation de faire tout ce que je peux pour changer la direction que prend notre pays en ce moment », explique-t-elle.
À droite, l’ambiance était plus morose. Dimanche, lors d’un meeting à San Antonio, le candidat républicain au Sénat Ken Paxton a lancé un avertissement appuyé. « Je n’exagère pas quand je dis que si nous perdons le Texas, nous perdons l’Amérique. » La formule résume la fébrilité d’un camp qui a longtemps tenu ce territoire pour acquis.
Quel que soit le verdict des urnes, ce mardi marque une bascule. Il ouvre la dernière ligne droite de la carrière politique de Donald Trump, et lance dans le même temps la course à sa succession pour 2028, déjà engagée dans les deux camps.
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