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À Tokyo, des chiens et des chats en kimono reçoivent la bénédiction des dieux
Le festival Shichi-Go-San sert normalement à célébrer la croissance des enfants japonais. Cette année, à Tokyo, des animaux de compagnie ont pris leur…

Le festival Shichi-Go-San sert normalement à célébrer la croissance des enfants japonais. Cette année, à Tokyo, des animaux de compagnie ont pris leur place devant l’autel, kimono sur le dos et barrettes dans les poils.
Au sanctuaire Ichigaya Kamegaoka Hachimangu, dans la capitale japonaise, la scène avait de quoi surprendre. Une petite troupe de yorkshire terriers, un shiba et un chat se sont présentés en tenue traditionnelle, portés ou guidés par leurs propriétaires, pour une séance photo devant les bâtiments du sanctuaire shinto. Les humains aussi s’étaient mis sur leur trente-et-un, puisque la coutume veut que l’on pose en famille ce jour-là.
Car le Shichi-Go-San, littéralement « sept, cinq, trois », est un rite de passage réservé aux enfants de trois, cinq et sept ans. Une célébration du temps qui passe et des premières années de vie. Sauf qu’au Japon, les familles avec de jeunes enfants sont de moins en moins nombreuses. Alors les fidèles qui poussent la porte du sanctuaire viennent de plus en plus souvent avec un compagnon à quatre pattes.
Le rituel, lui, n’a pas changé. Après les photos, tout ce petit monde est entré dans le sanctuaire. Un prêtre y a procédé à une purification à l’aide d’un bâton de bois orné de bandelettes de papier blanc, avant de prononcer des prières pour les animaux présents. Une façon de leur souhaiter, comme aux enfants, une vie longue et en bonne santé.
Shoko Kodama, médecin de 46 ans installée à Tokyo, était venue avec Amber, son British Shorthair de 5 ans. Elle a passé deux mois à coudre à la main un kimono rouge vif, taillé sur mesure pour le chat. « Je suis venue prier pour la croissance saine et le bien-être de mon animal », explique-t-elle. Et d’ajouter que « ce petit être, c’est comme mon enfant », un « trésor » dont la seule présence suffit à faire fondre les contrariétés du quotidien.
Miyu Shiro, 23 ans, a elle aussi joué le jeu avec ses deux yorkshire terriers, coiffés et décorés de barrettes fleuries et colorées. Pour elle, célébrer cette fête avec ses chiens « semble tout à fait naturel ». Sa raison tient en une phrase. « Ils font partie de notre famille. »
Derrière ces scènes attendrissantes, un contexte plus rude. Les chiffres publiés en juin ont montré que le taux de fécondité du Japon a atteint un plancher historique, signe d’une crise démographique profonde dans la quatrième économie mondiale. Avec un âge médian de 49,9 ans, le pays possède la deuxième population la plus âgée de la planète, derrière Monaco. Dans ce décor, le sanctuaire reçoit environ 400 familles pour son festival annuel depuis le début des années 2000, une affluence portée par la demande des propriétaires d’animaux. Les chats et les chiens n’y sont plus des invités surprises. Ils y ont désormais leur place attitrée.
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