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Quinze jeunes Canadiens racontent leur détresse climatique devant la justice

Quinze jeunes Canadiens poursuivent l’État pour inaction climatique et décrivent une détresse mentale qui perturbe leurs projets. Leur procès, ouvert à…

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Quinze jeunes Canadiens racontent leur détresse climatique devant la justice

Quinze jeunes Canadiens poursuivent l’État pour inaction climatique et décrivent une détresse mentale qui perturbe leurs projets. Leur procès, ouvert à Vancouver, vise à obtenir un plan plus solide de réduction des émissions.

À Vancouver, un procès inédit au Canada réunit quinze plaignants âgés de 17 à 25 ans. Ils demandent à la justice de reconnaître que l’État ne les a pas protégés face à la menace climatique. Ils veulent aussi que le tribunal oblige le Canada à renforcer son plan de baisse des gaz à effet de serre. Leur démarche s’appuie sur des récits personnels où la santé mentale occupe une place centrale.

Saj Starcevich, 20 ans, a fondu en larmes en évoquant un avenir qui l’effraie. Elle dit avoir longtemps rêvé de fonder une famille, mais ne plus savoir si elle le souhaite. Un témoignage qui rejoint celui d’Elizabeth Pinsky, pédiatre et pédo-psychiatre à Boston, venue décrire devant la cour des cas de dépression, d’anxiété et de stress post-traumatique chez des adolescents exposés au réchauffement. Selon elle, environ 40 % des jeunes au Canada ne sont plus certains de vouloir des enfants à cause de leurs inquiétudes climatiques.

Le procès met en lumière l’éco-anxiété, décrite comme une forme de préjudice psychologique nourri par la colère et le sentiment de trahison face aux événements climatiques violents et aux transformations de long terme. Albert Lalonde raconte avoir traversé ces étapes et dit ne plus attendre grand-chose des gouvernements. Il cite notamment le retrait de la taxe carbone et le feu vert donné à des projets énergétiques par le Premier ministre Mark Carney. Ces troubles peuvent durer des années et pèsent sur la vie quotidienne des plaignants.

Lauren Wright, 22 ans, a grandi dans une ferme en Saskatchewan. Elle aime le canoë et les grands espaces, mais raconte avoir souffert d’épuisement à cause de la chaleur. Albert Lalonde pédale moins en été depuis des problèmes respiratoires liés à un air très toxique lors d’un épisode de fumées de feux de forêt qui a touché Montréal. Leandrea Reeves fait aussi le lien entre les fumées des incendies ayant affecté Whitehorse et son état mental. Elle se sent désavantagée dans sa vie et dans les expériences qu’elle peut vivre.

Elizabeth Pinsky insiste sur un point simple. Empêcher ces jeunes de passer du temps dehors et de profiter de la nature, c’est les priver d’un bénéfice reconnu. Le ministère canadien de la Santé avait lui-même admis dans un rapport que le changement climatique touchait de façon disproportionnée la santé mentale de certaines populations, dont les jeunes. À l’ouverture du procès, le Canada a refusé toute nouvelle obligation. L’État argue que le climat est un problème mondial et que son action reste limitée. Ailleurs, des centaines d’affaires similaires ont été portées, avec des avancées notables en Allemagne, aux Pays-Bas et en Corée du Sud.

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