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Bulgarie, un second tour sous tension entre deux visions de l’Europe

Les électeurs bulgares retournent aux urnes pour départager Iliana Iotova et Andrey Gyurov. La guerre en Ukraine, les relations avec Moscou et la sécurité…

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Bulgarie, un second tour sous tension entre deux visions de l'Europe

Les électeurs bulgares retournent aux urnes pour départager Iliana Iotova et Andrey Gyurov. La guerre en Ukraine, les relations avec Moscou et la sécurité en mer Noire pèsent sur un scrutin qui divise profondément le pays.

Le second tour de la présidentielle bulgare oppose deux camps qui ne parlent pas la même langue sur la Russie et l’Ukraine. Iliana Iotova, présidente sortante, défend le dialogue avec Moscou et répète que la paix passera par des négociations. Andrey Gyurov, ancien Premier ministre par intérim soutenu par l’opposition pro-occidentale, veut au contraire que la Russie soit clairement désignée comme responsable de l’agression. Entre les deux, la mer Noire est devenue un sujet lourd, avec des attaques de drones contre des navires marchands en octobre. Une trentaine de disparus sont recensés, dont 21 au large des côtes bulgares.

Au premier tour, Iliana Iotova est arrivée en tête avec 35 % des voix, devant Andrey Gyurov à 32 %. Un écart plus faible que prévu, alors que les sondages lui promettaient jusqu’à 20 points d’avance. Sa campagne a souffert d’une réponse jugée peu convaincante face aux menaces russes en mer Noire. Elle a tout de même martelé son envie d’incarner la paix et défendu une politique étrangère indépendante fondée sur l’intérêt national, tout en réaffirmant l’ancrage du pays dans l’Otan. Après son vote, elle a dit vouloir une Bulgarie forte au sein d’une Europe forte.

Andrey Gyurov mise sur un pays sûr, stable et ancré en Europe. Lors d’un débat télévisé, il a affirmé que la Russie devait mettre fin à son agression pour permettre les étapes suivantes. Il a aussi reproché à sa rivale de ne pas nommer directement Moscou, dans un pays historiquement proche de la Russie mais profondément divisé sur cette relation. Roumen Radev défend lui aussi l’idée qu’un cessez-le-feu en Ukraine et des négociations de paix sont la seule garantie sûre pour mettre fin aux attaques contre les navires commerciaux en mer Noire.

La campagne ne se résume pas aux questions internationales. Iliana Iotova promet de s’attaquer au problème massif de la pauvreté dans le pays le plus pauvre de l’Union européenne, qui compte 6,4 millions d’habitants. Si elle gagne, elle deviendra la première femme élue présidente de Bulgarie. Figure du Parti socialiste, elle a siégé au Parlement européen avant d’être élue vice-présidente aux côtés de Roumen Radev en 2016 et 2021. Elle lui a succédé en janvier, après qu’il a démissionné pour se lancer dans les législatives, remportées en avril.

La mobilisation reste fragile. La participation s’affichait à 6,1 % contre 5,8 % au premier tour au même stade, sous la pluie et le vent. Le premier tour avait déjà été marqué par une abstention historique, avec seulement 23 % de votants. « Je n’aime aucun des deux candidats, mais je n’aime pas non plus le retour du communisme auquel on assiste ces dernières années. C’est pourquoi je suis venue voter », a raconté une enseignante de 64 ans, Krassimira Kostova. Un ingénieur à la retraite de 67 ans, Petar Doïtchinov, est venu voter pour « le moindre mal », sans trouver de candidat à la hauteur de sa « conception de la démocratie ».

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