Société
La maternité de Lunéville obtient sa certification après avoir failli disparaître
Après une suspension de deux mois début 2024 et le départ de plusieurs obstétriciens, la maternité de Lunéville obtient une certification qualité de la…

Après une suspension de deux mois début 2024 et le départ de plusieurs obstétriciens, la maternité de Lunéville obtient une certification qualité de la Haute autorité de santé. Un signe fort pour les défenseurs des soins de proximité, alors que d’autres petites structures restent sous pression.
La maternité de Lunéville, près de Nancy, vient de décrocher une certification « qualité des soins confirmée » délivrée par la Haute autorité de santé. L’établissement compte douze lits et deux salles d’accouchement. Il enregistre 400 naissances par an, alors que la réglementation impose un seuil minimum de 300. Pour Jérôme Malfroy, directeur du Groupement hospitalier de l’est de la Meurthe-et-Moselle, cette reconnaissance marque une étape importante pour un service qui fait partie de ce groupement.
La maternité revient de loin. Début 2024, son activité avait été suspendue pendant deux mois après l’annonce du départ de plusieurs obstétriciens. Un travail de longue haleine, mené avec les élus locaux, a permis de reconstituer une équipe de cinq médecins spécialistes. Ces derniers ont accepté de s’engager au long cours dans le service. Le directeur résume le double enjeu, offrir à une population éloignée de l’offre de soins un point de proximité et garantir des conditions de sécurité.
La réouverture a demandé un effort collectif pour renforcer l’attractivité du service. Les messages de soutien d’anciennes patientes ont montré à quel point la maternité comptait pour elles sur le territoire, souligne Manon Cocquempot, sage-femme. Dans cette ville de 18 000 habitants, l’établissement a toute sa place, renchérit Carole Ternard, cadre de santé, qui pointe les difficultés de mobilité d’une partie de la population. Enguerrand Bricchi, dont le bébé est né à Lunéville, a trouvé rassurant que tous les soignants se connaissent et travaillent ensemble, et que les patientes soient suivies par les mêmes personnes pendant la grossesse, puis pendant et après l’accouchement.
Les grossesses complexes ou à risque sont orientées vers Nancy, la seule maternité de Lorraine classée niveau 3. Le débat sur la fermeture des petites maternités revient régulièrement. Quand elles manquent de médecins titulaires, un suivi insuffisant sur la durée pourrait nuire à la sécurité des patientes. C’est l’argument avancé par l’Agence régionale de santé Grand Est pour justifier la possible fermeture à court terme de la maternité de Mont-Saint-Martin, une ville de 9 300 habitants à la frontière luxembourgeoise. Environ 300 personnes se sont rassemblées pour défendre cet établissement, qui enregistre à peine plus de 300 naissances par an et fait face à des difficultés persistantes de recrutement médical. Une fermeture contraindrait les femmes enceintes à parcourir des dizaines de kilomètres pour accoucher.
Partout en France, plusieurs petites maternités de localités moyennes vivent la même pression chaque année. Des élus locaux y voient une cause de la dégradation des soins. Des sociétés de médecins estiment plutôt que ces établissements, par manque d’activité, représentent un danger pour les mères et les nouveau-nés. Le Pr Olivier Morel, secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, pointe un système laissé à l’abandon depuis des années. Il plaide pour transformer les petites maternités en centres de périnatalité et pour les accompagner en amont, afin d’éviter une fermeture brutale après des mois sans effectif suffisant pour tourner et assurer les gardes. La France a perdu une centaine de maternités depuis 2010. Il en restait 457 en 2023, un chiffre encore trop élevé par rapport aux besoins selon lui.
À lire aussi

Faits DiversEn Ligne 6 joursTrente-neuf ans après, les parents d’Inass Touloub face à leurs juges
PolitiqueEn Ligne 7 joursUne primaire au centre et à droite pour éviter Le Pen-Mélenchon, le casse-tête d’Édouard Philippe
SociétéEn Ligne 6 joursBlocus, manifs et rentrée agitée dans les lycées et les facs
PolitiqueEn Ligne 6 joursÉdouard Philippe assume ses mots sur l’immigration et la gauche l’accuse de parler comme l’extrême droite
PolitiqueEn Ligne 3 joursNeuf députés du groupe communiste et ultramarin préfèrent Mélenchon à Roussel
Faits DiversEn Ligne 6 joursNeuf perpétuités et des regrets, le procès des Français de l’EI à Bagdad
Faits DiversEn Ligne 6 joursDix mois après l’incendie du Constellation, l’enquête de Crans-Montana promet de durer des années
Faits DiversEn Ligne 3 joursUne explosion frappe le siège de Corsica Linea à Ajaccio
















