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Marine Le Pen voit un projet de démantèlement, Mélenchon lui reproche d’esquiver le social

La candidate du Rassemblement national estime que le programme de La France insoumise organise l’affaiblissement du pays. Jean-Luc Mélenchon réplique en…

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Marine Le Pen voit un projet de démantèlement, Mélenchon lui reproche d'esquiver le social

La candidate du Rassemblement national estime que le programme de La France insoumise organise l’affaiblissement du pays. Jean-Luc Mélenchon réplique en pointant les silences de sa rivale sur les retraites, le SMIC et les prix.

La France insoumise a remis son ouvrage sur le métier. Une version actualisée de « L’Avenir en commun », le programme présidentiel du mouvement pour 2027, a été rendue publique, avec plus de mille propositions à la clé et un accent appuyé sur les questions écologiques. Jean-Luc Mélenchon doit en faire la présentation lors d’un grand meeting au Bourget, en Seine-Saint-Denis. Une mise en vitrine qui n’a pas traîné à faire réagir dans le camp d’en face.

Sur X, Marine Le Pen a chargé le texte sans ménagement. Pour elle, il ne s’agit pas d’un « projet pour redresser le pays » mais d’un « projet de démantèlement de la France ». La candidate d’extrême droite y voit le prolongement de ce qu’elle appelle la logique de déconstruction du président de la République, comme si la gauche radicale devait achever un travail déjà entamé. Elle énumère pêle-mêle ce qu’elle qualifie d’« accumulation de mesures dangereuses » — le retour d’un droit du sol intégral, y compris à Mayotte, le démantèlement de la BAC, le désarmement des polices municipales, une politique de décroissance ou encore la fermeture progressive des centrales nucléaires.

Son verdict tombe en cascade de verbes. Un projet « qui désarme, qui renonce, qui décroche et qui divise », assène-t-elle, avant de trancher sur le fond. Loin de préparer l’avenir du pays, il en organiserait selon elle l’affaiblissement et l’effacement. La charge est frontale, calibrée pour installer l’idée d’une gauche insoumise dangereuse pour la sécurité et l’économie.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas laissé passer. Il a répliqué sur le même réseau, en soulignant d’abord un angle d’attaque très resserré. À l’en croire, son adversaire ne parle que d’immigration et de police. Et de railler une « autoproclamée patriote » qui s’en prendrait à une tradition française remontant au XVIe siècle, le droit du sol. Surtout, il pointe les absences du réquisitoire. Pas un mot, selon lui, sur le refus du RN de la retraite à 60 ans, sur la hausse du SMIC ou sur le blocage des prix. Une façon de renvoyer l’accusation de démantèlement vers ceux qui, à ses yeux, laissent de côté le pouvoir d’achat et les salaires.

La formule finale vise plus large. « Le RN c’est presque du Édouard Philippe », lâche le tribun, manière de rapprocher le parti d’extrême droite du candidat Horizons et de brouiller les frontières entre les camps. Derrière l’échange de tweets, les stratégies se dessinent. Le RN attaque sur la sécurité et l’identité, la France insoumise recentre le débat sur le social et l’écologie. À deux ans de l’échéance, chacun plante ses banderilles sur le terrain où il espère gagner.

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