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Deux manifestants poursuivis accusent à leur tour des policiers de violences et d’agression sexuelle

Poursuivis pour avoir frappé des agents lors de la mobilisation du 31 octobre à Paris, deux hommes ripostent en justice et décrivent une interpellation et…

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Deux manifestants poursuivis accusent à leur tour des policiers de violences et d'agression sexuelle

Poursuivis pour avoir frappé des agents lors de la mobilisation du 31 octobre à Paris, deux hommes ripostent en justice et décrivent une interpellation et une garde à vue d’une rare brutalité. L’un d’eux affirme avoir été agressé sexuellement menotté, dans un fourgon.

Les rôles s’inversent. Deux manifestants, déjà visés par des poursuites pour violences sur des policiers, ont déposé plainte contre des membres des forces de l’ordre pour violences aggravées. L’un des deux y ajoute une accusation d’agression sexuelle. Les plaintes ont été déposées mercredi. De son côté, le parquet n’a pas indiqué s’il comptait ouvrir une enquête sur ces signalements. Présentés samedi à un magistrat, les deux hommes seront jugés plus tard pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique et ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils contestent fermement l’ensemble des faits qui leur sont reprochés.

Côté police, les blessures sont documentées. Un fonctionnaire aurait reçu un coup de poing au visage, ce qui lui vaut trois jours d’incapacité totale de travail pour des dents cassées, auxquels s’ajoutent cinq jours d’ITT psychologique. Un second agent dit avoir été frappé à coups de poing, sans conséquence physique constatée. Tous deux ont déposé plainte.

Le récit de Léo, prénom modifié, est d’une autre nature. Ce manifestant, présent lors du troisième samedi de contestation contre la vie chère, raconte avoir cru vivre ses derniers instants quand il s’est retrouvé encerclé par la BRAV-M. Il dit avoir été percuté par une personne qui courait dans sa direction, avant d’apprendre qu’un policier avait une dent cassée. Vient ensuite l’interpellation, les menottes, et selon sa plainte, un agent qui lui saisit les parties génitales et serre fortement testicules et pénis en proférant des insultes et des menaces. Sa plainte souligne qu’aucune palpation de sécurité ne peut consister à malmener ainsi un sexe, et dénonce une agression sexuelle contrainte. Léo affirme avoir vomi de douleur pendant le transfert au commissariat, après qu’un policier lui a frappé la tête contre la paroi du véhicule. Le second plaignant se trouvait dans le même fourgon.

À l’arrivée au commissariat parisien, les deux hommes disent avoir été jetés au sol et roués de coups. Léo assure que deux caméras avaient été recouvertes de scotch adhésif pour ne rien laisser voir. Le second plaignant décrit pour sa part un interrogatoire mené alors qu’il était entièrement nu, avec un coup porté au foie qui lui coupe le souffle, accompagné d’une injonction obscène. Léo évoque aussi sa fouille et ses vingt et un piercings qu’on lui demandait de retirer, une claque promise pour chaque bijou resté en place. Il dit avoir encaissé une trentaine de gifles, des bousculades et des insultes.

La défense dénonce un traitement à deux vitesses. John Bingham, avocat de l’un des manifestants, pointe la rapidité avec laquelle les deux jeunes ont été conduits devant un magistrat, quand l’audition des policiers visés prendra, selon lui, bien davantage de temps. La préfecture de police assure que toute plainte pour des faits commis pendant l’interpellation ou la garde à vue donnera lieu à une enquête, chargée d’établir les circonstances exactes. Alice Becker, conseil de Léo, se dit terrifiée par le récit de cette garde à vue. Son client, lui, avoue aujourd’hui avoir peur de retourner manifester.

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