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Eisenkot décroche le mandat et tend la main au camp Netanyahu

Gadi Eisenkot a reçu le mandat de former le prochain gouvernement israélien, avec le soutien de 67 députés. L’ancien chef d’état-major veut une coalition…

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Eisenkot décroche le mandat et tend la main au camp Netanyahu

Gadi Eisenkot a reçu le mandat de former le prochain gouvernement israélien, avec le soutien de 67 députés. L’ancien chef d’état-major veut une coalition large, y compris avec le Likoud de Benjamin Netanyahu, qu’il accuse d’avoir conduit le pays au bord de la rupture.

Gadi Eisenkot n’a pas seulement gagné le droit de tenter sa chance. Le président Isaac Herzog lui a confié le mandat de bâtir le prochain gouvernement, lors d’une cérémonie à la résidence présidentielle à Jérusalem. Le chef de l’opposition s’appuie sur 67 députés, contre 46 pour le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu. Un rapport de force favorable, mais pas une majorité automatique.

Herzog a demandé un exécutif stable, capable de parler à ceux qui ont voté pour Eisenkot comme à ceux qui ne l’ont pas fait. L’ancien chef d’état-major, 66 ans, répond en ouvrant sa porte au Likoud de Netanyahu et au Parti sioniste religieux, formation d’extrême droite de Bezalel Smotrich. Il avait pourtant fait de l’éviction de Netanyahu le cœur de sa campagne. Mais il assume le paradoxe. Si des élus de ces formations croient vraiment que l’heure est à l’unité, il ne voit pas pourquoi ils refuseraient de soutenir un gouvernement fondé sur les principes qu’il a présentés. Il décrit une démocratie israélienne dans l’une des périodes les plus critiques de son histoire et proche d’un point de non-retour, ce qui justifie à ses yeux des mesures politiques créatives et non conventionnelles.

Le calendrier reste serré. Eisenkot dispose de quatre semaines pour constituer une coalition, avec deux semaines de prolongation possible. Les négociations s’annoncent difficiles, car les partis qui le soutiennent partagent surtout une envie de tourner la page Netanyahu après deux décennies. Pour le reste, ils viennent d’horizons très différents et ne s’accordent pas sur la composition du futur gouvernement.

Le point de friction le plus visible concerne les deux principales listes à majorité arabe. Elles ont remporté 19 des 120 sièges de la Knesset. Leur appui pourrait être décisif, mais plusieurs alliés d’Eisenkot refusent de dépendre de leurs voix. Dans une société secouée et radicalisée par l’attaque du Hamas, une coopération avec les partis qui représentent les Palestiniens d’Israël, environ 20% de la population, risque de heurter une partie de l’électorat juif.

D’où l’idée d’un gouvernement minoritaire. Eisenkot a évoqué un gouvernement d’urgence nationale. Dans ce scénario, seuls les 48 députés de son bloc voteraient pour lui, contre 46 fidèles à Netanyahu. Parmi les 26 autres, issus des partis arabes et des formations ultra-orthodoxes, certains pourraient s’abstenir. Un tel gouvernement serait très fragile. Il devrait négocier chaque loi et chercher des soutiens au cas par cas. Ces tractations pourraient aussi donner plus de poids aux formations arabes ou ultra-orthodoxes et renforcer le contrôle du Parlement sur l’exécutif.

Le président Herzog a aussi mis l’accent sur les dossiers diplomatiques. Après la défaite du camp de Donald Trump aux élections américaines de mi-mandat, les démocrates, vainqueurs, appellent à freiner le soutien à Israël face à la guerre à Gaza et à l’impopularité du conflit contre l’Iran déclenché par Netanyahu et Trump. Herzog évoque la nécessité de faire avancer les processus diplomatiques dans la région après la guerre, de mettre en œuvre le plan en 20 points du président américain pour Gaza et d’affronter une nouvelle réalité politique aux États-Unis, principal allié d’Israël.

De son côté, Benjamin Netanyahu compte exploiter les divisions de ses adversaires. Il continue de s’en prendre aux partis arabes. Il a affirmé que les faire entrer dans une coalition reviendrait à démonter l’État d’Israël de l’intérieur. Une manière de compliquer encore la tâche d’Eisenkot, alors que chaque soutien comptera.

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