Économie
Lagarde prévient que la facture climatique va grimper et presse l’Europe d’investir
La présidente de la BCE a profité de son premier billet de blog depuis l’annonce de son départ anticipé pour sonner l’alerte sur le coût économique du…

La présidente de la BCE a profité de son premier billet de blog depuis l’annonce de son départ anticipé pour sonner l’alerte sur le coût économique du dérèglement climatique. Elle réclame des investissements plus massifs dans l’adaptation, avant l’ouverture de la COP31.
Christine Lagarde quittera ses fonctions le 7 février, soit neuf mois avant la fin de son mandat à la tête de la Banque centrale européenne. Avant de partir, elle a choisi un canal bien à elle pour faire passer un message. Dans son premier billet de blog publié depuis cette annonce, elle prévient que les coûts économiques du dérèglement climatique vont continuer à s’alourdir en Europe et appelle à accélérer les investissements dans l’adaptation.
Son point de départ est un été qui a marqué les esprits. Une saison de chaleur intense, plus de 30.000 décès excédentaires, des incendies qui ont ravagé quelque 400.000 hectares en France et en Espagne, et une sécheresse suffisamment sévère pour perturber la navigation sur le Rhin et le Danube. Jusqu’ici, ces événements n’ont eu qu’un impact limité sur l’activité économique de la zone euro. C’est justement ce qui inquiète la présidente de la BCE. Elle estime que les risques de long terme sont largement sous-évalués.
Sa formulation est directe. Les coûts du changement climatique augmentent, et les chocs à venir pourraient être plus difficiles à absorber, écrit-elle. La chaleur extrême reviendra plus souvent et avec davantage de force, et ses coûts pèseront le plus lourdement sur ceux qui sont le moins capables de les supporter, prévient-elle encore.
À quelques jours de l’ouverture de la COP31 à Antalya, en Turquie, Christine Lagarde salue le nouveau cadre européen de résilience climatique présenté fin octobre. Objectif affiché, mieux préparer les États membres à des phénomènes météorologiques extrêmes appelés à se multiplier sur un continent qui se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale.
Elle en tire une priorité concrète. Davantage d’investissements dans les réseaux électriques, dans le stockage d’énergie et dans l’électrification de l’économie, pour mieux encaisser les prochaines vagues de chaleur. Chaque euro investi dans la modernisation du réseau permet d’économiser plus de deux euros dans le reste du système énergétique, affirme-t-elle. Et de conclure que l’Europe dispose des moyens de limiter les dégâts, et qu’elle le doit aux générations qui vivront avec ces étés.
Cette prise de parole dit aussi une intention. Le climat a été l’un des thèmes les plus défendus par Christine Lagarde pendant son mandat à la BCE, et elle ne compte visiblement pas s’arrêter en quittant l’institution monétaire.
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