Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

En Grèce, lycéens et profs réclament une école qui tient debout

Jeudi, élèves, étudiants et enseignants grecs manifestent pour une école publique gratuite et correctement dotée. Le même jour, la France débraie aussi…

Article

le

En Grèce, lycéens et profs réclament une école qui tient debout

Jeudi, élèves, étudiants et enseignants grecs manifestent pour une école publique gratuite et correctement dotée. Le même jour, la France débraie aussi, et les deux mouvements se répondent.

La mobilisation reprend jeudi en Grèce. Lycéens, étudiants et enseignants ont rendez-vous en matinée devant l’Université d’Athènes, avec une revendication simple à énoncer et lourde à porter, l’accès à une éducation publique gratuite. Pour que les professeurs puissent rejoindre le cortège, la fédération des enseignants du secondaire a lancé un arrêt de travail de quatre heures.

Ce qui bloque, ce sont d’abord les murs et les moyens. Les protestataires pointent des bâtiments scolaires en piteux état, des infrastructures insuffisantes et un personnel trop rare dans les établissements. Autrement dit, des locaux qui n’ont pas suivi, des classes qui tournent à effectif réduit côté adultes, et une école qui fonctionne sur la bonne volonté de ceux qui la font vivre. La fédération des enseignants l’assume sans détour, en se disant aux côtés de ses élèves et des étudiants qui réclament le droit à une instruction publique et gratuite, à des études et à une vie à la hauteur de leurs attentes.

La colère ne s’arrête pas aux portes des salles de classe. Elle charrie aussi le coût de la vie, dans un pays où les salaires restent bas. Et elle résonne avec ce qui se joue ailleurs en Europe, notamment en France, où salariés et fonctionnaires sont appelés à faire grève le même jour pour leurs rémunérations, aux côtés des jeunes et des retraités. Les manifestations lycéennes françaises de ces dernières semaines ont d’ailleurs essaimé dans d’autres pays du continent. En Grèce, un premier rassemblement le 21 octobre avait réuni plus de 10 000 personnes à Athènes et à Thessalonique, grande ville universitaire du nord du pays.

Il faut dire que la Grèce regarde ce qui se passe chez elle et chez ses voisins avec une mémoire précise. Le pays a traversé une décennie de crise financière et de tensions violentes, et l’agitation sociale française, comme les dégradations et les pillages du 17 octobre, y ont été suivis de près. « Nous avons traversé ce que la France connaît aujourd’hui il y a environ seize ans », écrivait ainsi un éditorial grec le 21 octobre, en soulignant qu’un citoyen qui ne se sent plus entendu dans les urnes peut choisir la rue, surtout quand il a le sentiment d’être abandonné par l’État. La suite s’annonce européenne, avec un appel de syndicats et d’associations de défense du droit au logement de sept pays, Grèce comprise, à des rassemblements coordonnés contre la vie chère fin novembre. Une convergence encore rare.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus