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L’Europe respire, mais ne s’attend pas à un miracle

Bruxelles accueille avec prudence le revers électoral infligé au camp Trump. Les Européens y voient un espoir, sans croire à un renversement rapide sur…

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L’Europe respire, mais ne s’attend pas à un miracle

Bruxelles accueille avec prudence le revers électoral infligé au camp Trump. Les Européens y voient un espoir, sans croire à un renversement rapide sur l’Ukraine, le commerce ou les technologies.

À Bruxelles, l’atmosphère s’est allégée. Le revers essuyé par le camp de Donald Trump lors des élections de mi-mandat nourrit un espoir mesuré. Un diplomate européen évoque un vrai soulagement, avec le sentiment que l’ère Trump commence peut-être à s’essouffler. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, s’est lui aussi félicité de voir cette vague s’effondrer. Depuis le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche, l’Union européenne a surtout encaissé. Elle a vu Washington dérouler le tapis rouge devant Vladimir Poutine en Alaska et imposer des droits de douane de 15 % au continent. Un diplomate parle d’une période très compliquée.

Sur l’Ukraine, la prudence reste de mise. Même avec des démocrates à la tête de la Chambre des représentants et du Sénat, les Européens ne croient pas à une reprise automatique de l’aide américaine. Un diplomate européen observe que les démocrates se replient sur leur propre pays et attendent aussi que l’Europe paie pour Kiev. Ces dernières semaines, les capitales européennes se sont donc tournées vers d’autres partenaires, comme le Canada ou le Royaume-Uni, pour tenter de réunir les 70 milliards d’euros réclamés par Volodymyr Zelensky afin de financer son effort de guerre.

À l’Otan, le scepticisme domine tout autant. Les alliés européens attendent avec inquiétude les conclusions du Pentagone sur le redéploiement des forces américaines en Europe, attendues en fin d’année. La tendance de fond, elle, paraît déjà lancée. Les Européens prennent progressivement en charge leur propre défense, sans compter sur un changement de cap américain.

Les droits de douane ne devraient pas disparaître par enchantement. Les Européens ne s’attendent pas à ce que les démocrates renoncent totalement aux 15 % imposés au continent. La question a beaucoup compté pendant la campagne américaine, mais une enquête d’opinion récente indique que seul un quart des Américains soutient un abandon complet de ces mesures. Le sujet reste délicat à Washington, quel que soit le camp qui contrôle le Congrès.

Le dossier technologique n’offre pas davantage de certitudes. Depuis deux ans, Bruxelles et Washington s’affrontent sur les règles qui encadrent les plateformes. L’administration Trump, proche de plusieurs dirigeants de géants du numérique, dénonce régulièrement l’arsenal législatif européen et le présente comme une forme de censure. Après la victoire des démocrates, un responsable européen espère surtout davantage d’espace pour dialoguer et travailler avec le Congrès sur des enjeux mondiaux communs, comme l’intelligence artificielle ou la cybersécurité.

Reste l’Iran et le coût de la vie. De Paris à Athènes, de Rome à Madrid, les Européens manifestent depuis plusieurs semaines contre la vie chère. La flambée des prix de l’énergie liée à la guerre en Iran a porté l’inflation dans la zone euro à son plus haut niveau depuis trois ans. Les frappes récentes ont fait craindre une nouvelle aggravation. La défaite du camp Trump peut-elle peser sur ce conflit, et donc sur le budget des ménages européens ? Donald Trump entretient volontairement ou non le flou sur ses intentions.

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