Europe
Milei au centre d’un sommet ibéro-américain où Sánchez joue sa survie politique
Le Sommet ibéro-américain s’ouvre à Madrid avec Javier Milei en tête d’affiche et plusieurs dirigeants de droite. Pedro Sánchez, hôte socialiste, affronte…

Le Sommet ibéro-américain s’ouvre à Madrid avec Javier Milei en tête d’affiche et plusieurs dirigeants de droite. Pedro Sánchez, hôte socialiste, affronte une réunion inconfortable à moins d’un mois de législatives où sa majorité est menacée
La 30e édition du Sommet ibéro-américain s’ouvre à Madrid. Objectif affiché, relancer un espace qui réunit 19 pays latino-américains, l’Espagne, le Portugal et Andorre, après plusieurs années de déclin. Sept présidents latino-américains ont fait le déplacement. La rencontre met en avant plusieurs dirigeants de droite d’une région largement orientée vers ce courant, parmi lesquels le Chilien José Antonio Kast, la Costaricaine Laura Fernández, le Bolivien Rodrigo Paz et le Hondurien Nasry Asfura. Javier Milei, président argentin, est la tête d’affiche. Les grandes figures de la gauche régionale manquent à l’appel. Le Brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, fraîchement réélu, et la Mexicaine Claudia Sheinbaum, qui a récemment clos une crise diplomatique avec Madrid après la reconnaissance par Felipe VI des nombreux abus commis durant la conquête espagnole, seront absents. La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, ne viendra pas non plus.
L’attention se concentrera sur Javier Milei. Depuis son arrivée au pouvoir fin 2023, il s’est rendu plusieurs fois en Espagne sans jamais rencontrer ni le roi ni Pedro Sánchez. Cette fois encore, aucun entretien bilatéral n’est prévu en marge du sommet, ni avec le chef de l’État ni avec le chef du gouvernement. Le dirigeant ultralibéral était à Madrid il y a à peine deux semaines. Il avait alors qualifié Pedro Sánchez d’infréquentable dictateur, de voleur et de dirigeant corrompu. Il avait aussi appelé les Espagnols à mettre les socialistes dehors à coups de pied, à quelques semaines des législatives anticipées du 29 novembre. Le gouvernement espagnol avait dénoncé des insultes et des calomnies et fustigé une tentative d’ingérence étrangère. Pedro Sánchez, qui s’était revendiqué gauchiste, un terme que Milei utilise de manière péjorative pour désigner les militants de gauche, avait comparé les situations économiques de l’Argentine et de l’Espagne. Il avait conclu que les tronçonneuses et les coupes budgétaires ne construisent rien, elles détruisent. Milei avait déjà provoqué une crise diplomatique en 2024 en qualifiant à Madrid de corrompue l’épouse de Sánchez, alors visée par une enquête pour trafic d’influence. Il a également profité de ses visites pour soutenir l’extrême droite espagnole et Isabel Díaz Ayuso, présidente de la région de Madrid et figure de la droite conservatrice.
Pour une spécialiste de l’Amérique latine, ce sommet s’annonce inconfortable pour Pedro Sánchez. La présence de ces dirigeants pèse, mais aussi le calendrier. La rencontre a lieu en pleine campagne électorale et quelques jours à peine après l’accident ferroviaire d’Urda, qui a fait 69 morts. Les sondages prévoient une victoire de la droite sur les socialistes le 29 novembre, sans majorité absolue. Dans cette configuration, le Parti populaire aurait besoin du soutien de l’extrême droite pour former un gouvernement. Le sommet se déroule donc dans un climat politique tendu pour l’hôte socialiste.
Malgré une participation limitée au plus haut niveau, le secrétaire général du sommet promet qu’il s’agira de la réunion qui aura le plus grand impact des vingt dernières années. L’édition précédente, organisée en Équateur avec seulement quatre présidents, s’était achevée sans déclaration finale faute de consensus. Cette fois, une déclaration finale forte devrait être adoptée, ainsi que plusieurs accords. Ils porteront principalement sur l’intelligence artificielle, avec l’objectif de développer des modèles de langage alimentés en espagnol plutôt qu’en anglais, et sur la coopération face aux catastrophes naturelles. Le sommet débute par une cérémonie d’ouverture avant une séance plénière.
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