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Les marchés retiennent leur souffle avant un scrutin à hauts risques

Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge, douchées par l’attente des élections de mi-mandat américaines et par les tensions au Proche-Orient.…

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Les marchés retiennent leur souffle avant un scrutin à hauts risques

Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge, douchées par l’attente des élections de mi-mandat américaines et par les tensions au Proche-Orient. Paris limite les dégâts quand Wall Street avance en ordre dispersé.

La séance s’est refermée sur une note prudente en Europe. Le CAC 40 a lâché 0,34% à 8.020,31 points, le Dax allemand 0,31% et le Footsie britannique 1,14%. Plus larges, l’EuroStoxx 50 a perdu 0,37%, le FTSEurofirst 300 0,49% et le Stoxx 600 0,47%. Trois compartiments ont plombé l’indice paneuropéen, la technologie (-0,92%), les ressources de base (-2,21%) et l’énergie (-0,95%).

Outre-Atlantique, la tendance partait dans tous les sens au moment de la clôture européenne. Le Dow Jones reculait de 0,43% tandis que le S&P 500 gagnait 0,40% et le Nasdaq 0,79%. Apple pesait sur la cote (-2,18%) après avoir livré des perspectives qui n’ont pas convaincu.

Le vrai sujet, lui, n’est pas boursier. Les élections de mi-mandat servent de référendum à Donald Trump. Sondages et analystes indépendants placent les démocrates en position de reprendre la Chambre des représentants, le Sénat restant indécis. Une vague démocrate au Congrès réduirait sérieusement les marges de manœuvre du président, et le blocage législatif rendrait plus compliquée encore toute nouvelle dépense budgétaire. Les démocrates craignent par ailleurs que le locataire de la Maison-Blanche, qui répète depuis longtemps et à tort que le scrutin est truqué, conteste les résultats en cas de défaite républicaine. Le dépouillement dans les Etats disputés pourrait s’étaler sur plusieurs jours. De quoi décourager les paris risqués avant d’y voir plus clair.

Au Proche-Orient, la situation ne se détend pas. L’armée américaine a mené des frappes contre l’île iranienne de Qeshm, et un responsable de Téhéran a affirmé que son pays et Washington restaient loin d’un accord, malgré les efforts du Qatar pour aplanir les différends et éviter une nouvelle escalade. Donald Trump assure de son côté avoir trouvé un terrain d’entente avec Benjamin Netanyahu pour cesser le versement de quatre milliards de dollars de financement à Israël après la fin de cette année. Sur les changes, ce climat entretient une forte volatilité, le dollar grappillant 0,09% face à un panier de devises de référence. L’euro avance de 0,07% à 1,1193 dollar et la livre sterling s’échange à 1,3414 dollar (+0,05%).

Côté valeurs, Bayer a bondi de 4,88% grâce au relèvement de sa prévision de bénéfice annuel, et Lufthansa de 4,53% après des résultats jugés globalement résilients. Philips a grimpé de 5,51% à la faveur d’un accord avec le département américain de la Justice sur ses équipements de sommeil et de soins respiratoires. BioMérieux (+4,81%) et Rubis (+1,31%) ont profité de leur chiffre d’affaires trimestriel. À l’inverse, Zalando a abandonné 5,93% après une marge brute décevante, Adidas a cédé 2,29% après une dégradation de « neutre » à « vendre », Coface a perdu 0,82% après ses comptes et Associated British Foods 2,21%, la société anticipant une nouvelle baisse de son bénéfice annuel.

Les statistiques du jour ont dessiné une économie américaine toujours solide. Les offres d’emploi ont progressé plus que prévu en septembre, à 7,523 millions contre 7,190 millions en août selon l’enquête Jolts du département du Travail. En France, le déficit budgétaire de l’Etat s’établissait à 159,2 milliards d’euros à fin septembre, selon les données publiées par le ministère de l’Action et des Comptes publics. Des chiffres incontestablement positifs qui ont repoussé les rendements obligataires, les investisseurs saluant une croissance résiliente malgré la faiblesse des secteurs de l’intelligence artificielle et de la technologie.

Sur le front des taux, le rendement du dix ans américain ne montait plus que de 4,3 points de base, à 4,93%, après avoir oscillé entre 4,89% et 4,96% en séance. Le Bund allemand a fini sur un gain de 1,8 point de base à 3,31%, après être brièvement descendu à 3,28%, un plancher de deux mois, dans le sillage du repli du pétrole. Une victoire démocrate pourrait soutenir le Bund, en pesant sur Wall Street et en freinant l’appétit général pour le risque.

Le brut a terminé à son plus bas niveau depuis trois semaines, tiraillé entre les pourparlers destinés à mettre fin aux guerres en Ukraine et en Iran et la crainte de nouvelles perturbations d’approvisionnement liées aux récentes attaques. Le Brent reflue de 1,52% à 103,15 dollars le baril et le WTI de 0,75% à 95,73 dollars.

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